Grand angle : Guterres bon pour un second mandat

Le Conseil de sécurité des Nations unies a recommandé, mardi, la candidature du portugais Antonio Guterres à la tête du secrétariat de l’ONU pour un second mandat de cinq ans, allant du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2027. En poste depuis le 1er janvier 2017, il fait l’unanimité parmi les quinze membres de l’organe exécutif de l’organisation. Le président du Conseil de sécurité pour le mois de juin, l’estonien Sven Jürgenson, n’a pas tari d’éloges à son sujet. Et si l’on en croit Sven Jürgenson, il n’y a pas meilleur choix que celui du SG sortant. «Je pense qu’il a été un excellent Secrétaire général», a-t-il notamment déclaré lors d’un point de presse organisé après la réunion tenue à huis clos. Un hommage auquel Antonio Guterres a été très sensible. Ainsi, tout en exprimant sa reconnaissance au Conseil pour la confiance portée sur sa personne, il ajoutera dans un communiqué qu’il serait «profondément touché» si l’Assemblée générale venait à en faire de même en lui confiant la responsabilité d’un second mandat. En fait, Antonio Guterres ne devrait avoir aucun souci à se faire. Le 18 juin courant, l’Assemblée générale devrait avaliser la recommandation des quinze, puisque aucun autre Etat, hormis le Portugal, n’a présenté de candidat. C’est dire que le second mandat de Antonio Guterres est dans la poche. La séance prévue pour ce faire devrait être une simple formalité pour le portugais. Reste, cependant, à se demander si le bilan qu’il aura à présenter à la fin de son mandat justifie le fait qu’il rempile pour cinq nouvelles années à la tête du secrétariat général. Qu’a-t-il accompli d’extraordinaire entre 2017 et 2022 pour demeurer à la tête du secrétariat général ? Pour preuve, il n’a même pas réussi à imposer au Conseil de sécurité des candidats sur lesquels son choix s’était porté pour être ses représentants personnels dans des conflits en cours. En fait, il n’est un secret pour personne que le Secrétaire général de l’ONU est en réalité à la merci des cinq membres permanents du Conseil de sécurité qui décident et imposent à l’organisation leurs résolutions prises en fonction de leurs intérêts géostratégiques et que sa fonction est plus honorifique qu’autre chose, quand bien même ses partisans soutiennent que tous l’ont vu en «action». C'est pourquoi, on peut légitimement penser que pour le reste du monde, le changement espéré ne viendra pas. Car que ce soit Antonio Guterres ou un autre à la tête de l’ONU, il n’y aura, presque, aucune différence. Et ce du moins tant que la réforme de l’organisation onusienne n’aura pas été concrétisée. Ce qui n’est, du reste, pas demain la veille…
Nadia K.

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