Grand angle : Du concret

Le 20 mai courant marquera le 48e anniversaire du déclenchement de la lutte sahraouie, initié par le Front Polisario, pour l’indépendance du Sahara occidental. Et à moins de trois semaines de cette date, aucun résultat concret n’a été enregistré. Et même la nomination que l’on présente comme imminente du nouvel envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental ne peut être considérée comme une grande avancée. En effet, la nomination du nouvel émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, aussi attendue qu’elle puisse être, ne doit pas pour autant faire oublier que dans le dossier sahraoui, le problème ne se situe pas exclusivement au niveau du poste, qu’il soit vacant ou pourvu. Du reste, le Front Polisario ne se trompe pas lorsqu’il soutient que la nomination du successeur de Horst Kohler n’est pas «une fin en soi». Car, quand bien même l’Envoyé personnel du Secrétaire peut faciliter la relance du processus politique, paralysé depuis deux ans suite à la démission de l’ancien président allemand, il n’en reste pas moins vrai aussi que la réussite de sa mission n’est pas assurée. Et si l’échec le guette, c’est surtout parce qu’il risque de ne pas bénéficier du soutien inconditionnel de la part de ceux-là mêmes qui vont valider au niveau du Conseil de sécurité la proposition de sa nomination. Car que le Maroc use, comme il n’ a de cesse de le faire depuis des années, de tous les subterfuges imaginables pour maintenir le statu quo n’est pas pour surprendre. Il est même dans son rôle d’occupant. Ce qui est incompréhensible et inadmissible, c’est que le Conseil de sécurité ne puisse pas jouer son rôle d’arbitre, conformément aux principes et objectifs de la Charte des Nations unies pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui prévoit l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. «L’inaction du Conseil de sécurité vis-à-vis de la grave situation qui prévaut au Sahara occidental compromet les perspectives d’une solution pacifique au conflit et laisse la porte ouverte à l’escalade de la guerre en cours dans les territoires occupés par le Maroc», a mis en garde, plus d’une fois, le Front Polisario. Mais cela ne semble pas inquiéter la plus haute instance de l’ONU. Ses membres qui ont les moyens d’influer sur ce conflit en obligeant le Maroc à respecter ses résolutions qui appellent à la tenue d’un référendum d’autodétermination sont tenus d’agir et de mettre fin à leur complicité avec le Maroc. C’est ce qu’attendent les Sahraouis dont la détermination à arracher leur droit à décider de leur destin via un référendum d’autodétermination demeure intacte.
Nadia K.

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