Grand angle : Des progrès restent à faire

Le Burkina Faso organise demain dimanche un double scrutin électoral. Un peu moins de six millions d’électeurs sont appelés à choisir, parmi les 13 candidats en lice, leur nouveau président. Le président Roch Marc Christian Kaboré rempile pour un nouveau mandat. Les électeurs burkinabais sont aussi appelés à élire les 127 députés de leur Parlement. Le Burkina Faso sera suivi par deux autres pays sous peu. Le Ghana et le Niger sont les prochains sur la liste. Au Ghana, l’élection présidentielle prévue le 7 décembre s’annonce serrée entre Nana Akufo-Addo, candidat à sa propre succession et l’ancien chef de l’Etat John Dramami. Au Niger, les élections se tiendront vingt jours plus tard : le 27 décembre. Une trentaine de candidats sont en lice. Mais contrairement à tous les autres pays, le président Issoufou ne se représente pas conformément à la Constitution qui n’autorise que deux mandats. La Centrafrique organisera également ce même 27 décembre son double scrutin présidentiel et législatif. Le président sortant briguera un second mandat. En Ouganda, l’élection présidentielle se tiendra le 14 janvier 2021. Onze candidats sont en lice et d’ores et déjà elle s’annonce tendue. Le président sortant, au pouvoir depuis 1986, est candidat à sa propre succession. Avant ces prochains rendez-vous électoraux, la Côte-d’Ivoire et la Guinée ont également organisé des élections le mois d’octobre passé. Elles ont donné lieu à des violences post-électorales et le climat est toujours tendu dans ces pays. Le Togo, de son côté, a élu son nouveau président au mois de février 2020, et les résultats ont été, sans surprise aucune, contestés par l’opposition qui dénonce des bourrages d’urnes, des procès-verbaux présignés et des reports de résultats falsifiés. En fait, aucun résultat annoncé à l’issue d’une élection n’a échappé à la contestation. C’est l’Afrique, pourront dire ceux qui pensent que le continent ne pourra pas se libérer de ses vieilles habitudes. Et ils n’auraient pas tort. Alors que ces élections sont censées être des opportunités pour consolider la démocratie naissante dans ces pays, à travers l’organisation d’élections inclusives, transparentes et crédibles, elles n’ont pas honoré les espoirs suscités. Aussi, force est de souligner que ces élections, qui devaient constituer, selon le Centre d’études stratégiques de l’Afrique, «un test contre les efforts visant à éroder les limites des mandats présidentiels», ont démontré que le continent dans ce domaine a encore beaucoup de progrès à faire. La seule satisfaction est que ces élections, présidentielles ou générales, ont permis de confirmer la maturité politique des citoyens africains de moins en moins enclins à accepter sans réagir le détournement de leurs voix et le non-respect des normes démocratiques.
Nadia K.

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