Conflit en Éthiopie : Fin de l’offensive militaire au Tigré

Le Premier ministre éthiopien, M. Abiy Ahmed, a déclaré samedi que les opérations militaires dans la région agitée du Tigré sont terminées et que les troupes fédérales contrôlent la capitale régionale, un développement majeur dans une guerre de trois semaines qui a secoué la Corne de l'Afrique.

LLe gouvernement d'Abiy a tenté d'étouffer une rébellion d'une puissante faction ethnique qui a dominé le gouvernement central pendant des décennies, avant son arrivée au pouvoir en 2018. Des milliers de personnes auraient été tuées et près de 44.000 ont fui au Soudan. Cela a remis en question la capacité de M. Abiy à maintenir ensemble des groupes ethniques fracturés en Éthiopie, le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique. «Je suis heureux de partager que nous avons achevé et arrêté les opérations militaires dans la région du Tigré», a déclaré le Premier ministre dans un tweet. Moins d'une heure plus tôt, il a déclaré dans un communiqué : «Le gouvernement fédéral contrôle désormais pleinement la ville de Mekele».
Cependant, le chef du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), dont les forces combattaient les troupes éthiopiennes, a déclaré que le groupe n'abandonnait pas. Interrogé par une agence de presse si cela signifiait que ses forces continueraient à se battre, il a répondu : «Certainement. Il s’agit de défendre notre droit à l’autodétermination».
Dans sa déclaration, M. Abiy a précisé que la police fédérale continuerait de rechercher et de traquer les «criminels» du TPLF pour les traduire en justice. Le Premier ministre a qualifié l'offensive d'opération de maintien de l'ordre. Les autorités avaient déclaré plus tôt samedi que les forces gouvernementales étaient au stade final d'une offensive dans la région et prendraient soin de protéger les civils à Mekele, une ville de 500.000 habitants.
M. Abiy a déclaré que l'armée avait obtenu la libération de milliers de soldats du commandement nord de l'armée basé au Tigré qui, selon lui, avait été retenu en otage par le TPLF. Les troupes fédérales avaient également pris le contrôle de l'aéroport, du bureau de l'administration régionale et d'autres installations clés, a déclaré M. Abiy. Selon des diplomates et experts régionaux, une victoire militaire rapide ne signifierait peut-être pas la fin du conflit. Selon eux, une forme de guérilla prolongée n’est pas à exclure. D’autant que le TPLF a une histoire de résistance de guérilla prouvée et a utilisé le terrain montagneux du Tigré et ses frontières étrangères à son avantage au cours des années de lutte armée dans les années 1980 contre un gouvernement marxiste.
R. I.

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