25e anniversaire de l’accord de Dayton sur la Bosnie : Une paix encore fragile

Un quart de siècle après les accords de Dayton, la Bosnie est aujourd'hui un pays en paix, plutôt relative. La guerre de 1995 a donné lieu à une campagne de nettoyage ethnique et au premier génocide en Europe depuis la Seconde guerre mondiale. Les trois groupes ethniques du pays - les Bosniaques musulmans, les Serbes orthodoxes et les Croates catholiques - continuent pourtant de vivre dans la peur d'une reprise du conflit, alors que leurs dirigeants nationalistes continuent d'attiser les animosités ethniques à des fins politiques.
Certains Bosniaques espèrent que l'élection de Joe Biden en tant que futur président américain renforcera le changement en renouvelant l'intérêt de l'Occident pour le pays, l'un des plus pauvres d'Europe. Biden s'est rendu en Bosnie en 2009 en tant que vice-président, devenant le dernier leader américain clé à le faire. La guerre a été déclenchée par l'éclatement de la Yougoslavie, qui a conduit la Bosnie à déclarer son indépendance malgré l'opposition des Serbes de souche, qui représentaient environ un tiers de sa population ethniquement et religieusement mixte. Armés et soutenus par la Serbie voisine, les Serbes de Bosnie ont conquis 60% du territoire de la Bosnie en moins de deux mois, commettant des atrocités contre leurs compatriotes bosniaques et croates.
Avant la fin de la guerre, quelque 100.000 personnes avaient été tuées et plus de 2 millions, soit plus de la moitié de la population du pays chassée de chez elles. Tout en mettant fin aux combats, les accords de Dayton ont officialisé les divisions ethniques, établissant une structure étatique compliquée et fragmentée avec deux entités semi-autonomes, la Republika Srpska dirigée par les Serbes et une fédération partagée par les Bosniaques et les Croates, liées par de faibles institutions conjointes. L'accord «était essentiellement une armistice conclue entre une coalition de seigneurs de la guerre qui sont toujours présents dans le pays, mais qui s'étaient transformés en leaders politiques. Utilisant de plus en plus une rhétorique nationaliste qui divise, les élites politiques de toutes les ethnies ont pris le contrôle de tous les leviers du gouvernement au profit de leurs partisans loyalistes. Face au danger imminent d'effondrement économique, la Bosnie a cruellement besoin d'une réforme constitutionnelle, mais le processus «ne peut même pas commencer» sans l'engagement direct des États-Unis. Certaines personnes en Bosnie, où près de la moitié de la population vit sous ou près du seuil de pauvreté, espèrent que l'intérêt des États-Unis augmentera avec Biden.
M. T.

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