Reconnaissance par la France de l’assassinat d’Ali Boumendjel : L’Algérie prend acte avec satisfaction

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- Historiens et Universitaires  : «Une avancée et un bon geste»

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L'Algérie a pris acte avec satisfaction de la décision du Président français, Emmanuel Macron, mardi 2 mars 2021, de rendre hommage au chahid Ali Boumendjel, en reconnaissant le parcours de lutte du défunt, arrêté en Algérie en 1957, placé en détention et torturé jusqu'à sa mort en martyr par les forces coloniales.

En décidant d'honorer la famille du chahid et de recevoir ses petits-enfants à l'Elysée, le Président français a pris une initiative louable qui intervient dans le cadre des bonnes intentions et d'une véritable volonté d'intensifier le dialogue entre l'Algérie et la France concernant la période coloniale.
Chose maintes fois affirmée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, qui a souligné le caractère sensible du dossier de la Mémoire dont le traitement exige un dialogue sans préjugés permettant d'explorer les meilleures voies pour relancer la coopération algéro-française dans le cadre des intérêts communs. Le président de la République avait affirmé que le traitement des questions mémorielles ne signifiait nullement faire disparaître l'histoire douloureuse dont les stigmates sont toujours visibles en Algérie. La position du Président français a eu un écho favorable auprès des Algériens, et sera suivie, selon le communiqué de la présidence française, par d'autres démarches abondant dans le contexte de ce que le Président Macron a appelé «apaisement de la mémoire». La position de M. Macron devra également ouvrir les horizons d'un dialogue qui sera sans doute constructif et réalisera ce qui est escompté pour l'avenir.
Pour ce qui est du passé, sa place est certes importante en Algérie, mais n'empêchera pas la construction d'un avenir en toute souveraineté et en collaboration avec ceux qui le désirent réellement. À travers une telle initiative, l'Algérie et la France peuvent aller de l'avant dans des relations stables et sereines, dans une véritable réconciliation et dans une coopération multiforme.

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Historiens et Universitaires
«Une avancée et un bon geste»

La reconnaissance du président français, Emmanuel Macron, de la responsabilité de l'armée coloniale française dans la «torture, puis l'assassinat» de l'avocat et dirigeant politique du nationalisme algérien, Ali Boumendjel, le 23 mars 1957, est une «avancée» et un «bon geste», mais qui reste «très insuffisant».
La reconnaissance après 64 ans de l'exécution d'Ali Boumendjel par l'armée coloniale française est «en soi une avancée, mais qui reste en deçà des attentes et des espoirs des Algériens», a estimé l'historien Mohammed Ould Si Kaddour El-Korso, dans une déclaration à l'APS. «Sauf ce à quoi nous assistons, ce sont des avancées à petits pas et à l'arraché», a-t-il dit. L'historien considère que la déclaration faite à Alger par le candidat Macron avait marqué «positivement» les esprits. «Nous espérions que le Président Macron aille prendre à bras-le-corps cette question de reconnaissance (...)», souligne-t-il. Pour Mohammed El-Korso, la France voulait, à travers la reconnaissance de l'assassinat d’Ali Boumendjel, «solder un problème interne à la République», car, ajoute l'historien, «les Algériens n'ont jamais douté qu'il s'agissait là d'un assassinat commis par un professionnel de la question, appelé à l'époque le commandant O, en l'occurrence le général Aussaresses». «Les assassinats, comme la torture, étaient codifiés, tout comme la corvée de bois et les exécutions», a-t-il affirmé. «Au-delà de cette reconnaissance, qui prolonge celle de l'assassinat de Maurice Audin, le peuple algérien attend plus : des excuses claires, franches, sincères et des réparations», a dit l'universitaire, ajoutant que la République française ne pourra pas «se dérober indéfiniment» à son devoir de mémoire, un «lourd passif» à régler, pour lui éviter «d'être soumise régulièrement à des stress et convulsions historiques».
Par ailleurs, l'affranchissement de la France de son «passé sanglant» en Algérie permettra, selon l'historien, de créer un climat de confiance qui profiteraient également à tous les pays du bassin méditerranéen, les pays du Maghreb, du Sahel et au-delà.
Pour l'enseignant au département histoire à l'université Akli-Mohand-Oulhadj de Bouira, Mustapha Sadaoui, cette reconnaissance de la France d'avoir «torturé, puis assassiné» Ali Boumendjel est un «bon geste», «louable», mais qui est «très insuffisant». «On les encourage à faire d'autres gestes semblables», poursuit-il. L'universitaire estime, néanmoins, que «réellement, cela ne règle pas le problème». «Le problème est très profond. Des villages ont été détruits, des populations placées à travers de milliers de camps de concentration, des exécutions sommaires, etc. Nos grands-parents nous ont raconté les atrocités qu'ils ont endurées pendant la guerre», conclut-il.
Le Président français, Emmanuel Macron, avait reconnu, mardi, «au nom de la France», que l'avocat et dirigeant politique du nationalisme algérien, Ali Boumendjel, «a été torturé, puis assassiné» par l'armée coloniale pendant la guerre de Libération nationale.
Une annonce favorablement accueillie par Alger qui y voit une initiative louable s'inscrivant dans le cadre des «bonnes intentions» et de la volonté «réelle» d'intensifier le dialogue entre l'Algérie et la France concernant la période coloniale en Algérie.

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