Le moudjahid Youcef Zani : Un militant dévoué

Décédé à l’âge de 86 ans en octobre 2019, le moudjahid Youcef Zani, né en 1933, avait fait partie des membres de la glorieuse Zone autonome d’Alger, durant la lutte de libération nationale.
C’était un voisin de Yacef Saadi et c’est tout naturellement qu’il emboîta le pas au chef de la Zone autonome d’Alger. Arrêté par les paras, Zani n’échappa pas à la gégène dans les centres de torture disséminés à la Casbah comme celui de la rue de l’Intendance, où il a subi les foudres des spécialistes de la répression tous azimuts comme le colonel Godard et l’innommable capitaine Leger. Si Youcef a quitté ce bas monde, satisfait de son militantisme pour le triomphe d’une cause juste, de sa sagesse dont tout le monde en fait foi.
Militant discret, intellectuel en son temps, Youcef Zani est issu d’une famille de nationalistes et de sportifs. Il a fait ses études au lycée Bugeaud (actuellement Emir Abdelkader), le lycée de Boufarik. Il obtint son bac et rejoignit l’Ecole normale de la Bouzaréah, pour se consacrer au beau métier d’enseignant. Un métier fort apprécié à l’époque.
Répondant à l’appel du devoir, il décida d’abandonner une carrière qui s’annonçait sous de bons auspices pour s’enrôler au sein de la révolution de novembre.
Youcef Zani n’en tirait aucune gloire, lui qui estimait qu’il n’avait fait que son devoir. Youcef Zani est membre de la Fédération FLN du Grand Alger, aux côtés de Zoubir Bouadjadj, Rabah Bitat, Mohamed Merzougui, Hocine Zahouane et d’autres figures marquantes de la lutte de libération.
Ce militant a vécu de son labeur puisqu’il fut tour à tour, directeur de la SNMC, travailla à l’UNITEC, avant de prendre sa retraite, non sans s’exonérer de l’aide précieuse qu’il prodiguait à ses compagnons moudjahidine. Il est donc membre de l’ONM, pour la wilaya d’Alger.
Au début des années 1990, Youcef Zani était un des membres fondateurs de l’Association de la sauvegarde de la Casbah d’Alger, classée patrimoine mondial par l’UNESCO en 1992.
Ce natif de la Casbah ne pouvait rester indifférent au sort qui lui est réservé malgré les appels incessants pour sa réhabilitation. Mais ceci est une autre histoire.
Youcef Zani demeurait constamment immergé dans ce passé révolutionnaire, non pas pour tisonner la nostalgie mais pour maintenir vivante la mémoire de ces hauts faits d’armes et pour transmettre aux nouvelles générations un legs historique qu’il faut absolument préserver des affres de l’oubli et de l’ignorance.
Au cimetière d’El Kettar où, il fut inhumé, il y avait grand monde venu lui rendre un dernier hommage. Ils étaient nombreux à se recueillir devant sa mémoire.
Dans cette affluence on pouvait reconnaitre des figures qui se sont distinguées lors de la célèbre bataille d’Alger. Ils étaient présents, ces combattants de la Zone autonome pour se remémorer ces moments terribles et exaltants vécus au plus fort de la lutte de libération, pour exprimer à leur compagnon une légitime reconnaissance, élever une pieuse prière au moment de sa mise en terre.
«Il faut rendre à César ce qui est à César», dit-on. Aussi, l’honnêteté nous enjoint de signaler que nous avons recueilli l’essentiel des informations concernant le défunt Youcef Zani, à partir d’un hommage écrit par l’écrivain Kamel Bouchama et publié dans le quotidien L’expression, le 28 octobre 2019.
M. B.

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