Journée nationale de la mémoire , Sétif : Souvenir et dignité

La célébration de la journée nationale de la Mémoire qui coïncide cette année avec le 76e anniversaire des massacres du 8 Mai 1945, a été marquée hier par des moments forts de recueillement à la mémoire de tous ceux qui se sont sacrifiés pour que vive l’Algérie libre et indépendante.
Sétif s’est réveillé tôt, en ce mardi jour de marché du 8 mai 1945, pour commémorer dans la dignité mais aussi beaucoup de fierté, ce premier anniversaire de la journée nationale de la Mémoire, instituée en 2020 par le président de la République, et revenir comme chaque année sur ces chemins de la liberté qui résonnent encore de Min Djibalina, du dernier soupir de Bouzid Saal tomb& à la fleur de ses 20 ans, l’emblème national à la main, des clameurs de milliers de citoyens bravant la répression sanglante.
Hier dans la matinée, Abdelmadjid Chikhi conseiller du président de la République chargé des archives et de la mémoire, Laid Rebiga, secrétaire général du ministère des Moudjahidines et des Ayants droit, Abdelaziz Fouhal représentant du secrétaire général de l’ONM ainsi que le wali, Kamel Abla, les autorités de la wilaya et les représentants de la famille révolutionnaire et du mouvement national, se sont d’abord rendus au cimetière de Sidi Said pour s’incliner devant la mémoire de ces dizaines d’Algériens jetés dans les fosses communes pour avoir revendiqué pacifiquement le droit à la liberté. Des moments forts où l’émotion était à son paroxysme mêlée à un sentiment de fierté de tous ces jeunes et moins jeunes qui marquaient ainsi leur attachement indéfectible aux valeurs de Mai précurseur de Novembre libérateur et exprimaient leur fidélité aux glorieux martyrs et artisans de la liberté. Comme en ce mardi 8 mai 1945, les responsables se rendent à proximité de la mosquée Abou Dher el Ghiffari pour se joindre aux nombreux citoyens et emprunter le même itinéraire que celui de la marche de la dignité a emprunté, il y a 76 ans.
Le cortège traverse une partie de l’avenue du 1er Novembre 1954 et la place du 8 Mai 1945 pour marquer le pas face à la stèle édifiée à la mémoire de Saal Bouzid, premier martyr de ces massacres, froidement abattu par un officier de la police pour avoir refusé de baisser l’emblème national. Une gerbe de fleurs est déposée au pied du buste du martyr pour préserver une mémoire qui refuse d’oublier la répression sauvage en ce mois de Mai de la douleur et de l’espoir.
Sur ce vaste espace, une grande chorale d’élèves aux couleurs nationales entonne aussitôt des chants patriotiques, des chants du terroir symbolisant Mai 1945 et le prix fort payé par le peuple algérien pour le recouvrement de sa souveraineté.
A la maison de la culture Houari-Boumediene qui accueillait un colloque national sur «Les crimes coloniaux dans le monde, à propos du 8 Mai 1945», le wali et le représentant de l’Organisation nationale des moudjahidines, sont intervenus pour dire la place et l’impact de ces odieux massacres marqués par des exécutions sommaires qui constituent aujourd’hui, les maillons forts de la mémoire et l’attachement de notre peuple à ses valeurs historiques. Le président de la fondation du 8 Mai 1945, Abdelhamid Salakdji exprimera ses remerciements au président Abdelmadjid Tebboune pour avoir institué le 8 Mai journée nationale de la Mémoire. «C’est un grand pas dans la construction de l’Algérie nouvelle et la préservation de la mémoire» dit il, qualifiant ces massacres de «crime contre l’humanité qui engage pleinement la responsabilité de la France coloniale», appelant les institutions, associations et organisations à criminaliser ce génocide et la France à reconnaitre ce génocide. Laid Rebiga, secrétaire général du ministère des Moudjahidines et des Ayants droit, a procédé à la lecture du message à la nation adressé à l’occasion du premier anniversaire de la journée nationale de la Mémoire.
Des membres de la famille révolutionnaires et lauréats de différents concours seront honorés avant la visite du projet de l’observatoire du 8 Mai 1945 et la baptisation d’établissements scolaires aux noms de martyrs et de moudjahidines décédés. 3.310 trousseaux seront par ailleurs remis à des orphelins.
F. Zoghbi

Multimedia