Dialogue avec le partenaire social dans le secteur de santé : Une volonté politique affirmée par le chef de l’Etat

Dans le cadre de la poursuite de la concertation et du dialogue avec les partenaires sociaux, auxquels a appelé le Président de la République, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a reçu mercredi dernier les membres du bureau du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) que préside le Dr. Lyes Merabet. Contacté à ce sujet, le Dr. Merabet a indiqué que la rencontre s’est tenue suite aux instructions du président de la république en vue de relancer le dialogue entre le ministère de la santé et les syndicats pour l’examen de la situation socioprofessionnelle du personnel du secteur . « Lors de cette audience le ministre a mis l’accent sur l’importance du dialogue qui se voit accompagner par une volonté politique affirmée du chef de l’Etat », un feu vert donné pour entamer les discussions sur la révision du statut particulier des régimes indemnitaires .« On ne peut espérer une amélioration du pouvoir d’achat des fonctionnaires de la santé publique sans toucher au statut du régime indemnitaire . On ne peut pas rajouter une plus-value par rapport aux salaires des fonctionnaires sans la révision et l’amendement du statut du régime indemnitaire ». L’intervenant souligne que son syndicat a demandé la prise en considération du projet négocié et finalisé depuis des années entre le syndicat et le ministère de la santé et remis à la fonction publique, «  il faut juste le mettre à jour pour procéder à son application ». a noté le président du SNPSP, qui a évoqué un autre dossier prioritaire, celui de la progression de carrière par rapport à l’accès au grade supérieur soit la promotion au grade pour les professionnels de la santé. Il dira que c’est un dossier qui traîne par rapport à sa mise en œuvre, bien qu’il existe une dérogation émanant des services du premier ministre depuis le mois de janvier 2021. « Nous avons demandé à tenir des réunions techniques pour discuter des modalités et des échéances a travers lesquelles le dossier va être appliqué ». Un autre dossier aussi important est celui relatif à la classification des doctorat en médecine dentaire et en pharmacie. Rappelant la révision en 2021 du cursus de formation de spécialité de médecine dentaire et de pharmacie le Dr. Merabet a indiqué que « le cursus a été prolongé d’une année , c’est-à-dire bac+6 pour l’obtention du diplôme de docteur en médecine dentaire et en pharmacie, au lieu des anciens certificats, mais jusqu’à présent ces doctorats ne sont pas classés sur la grille de salaires , des négociations avec le ministère de la santé ont été entamées en 2018 dans le cadre d’une commission mixte pour finaliser un projet qui a été ratifié par les deux parties et remis à la fonction publique, mais jusqu’à présent sans suite ». Selon le président du SNPSP, ce sont des dossiers prioritaires pour procéder à l’amélioration des conditions socioprofessionnelles du personnel de la santé, les négociations se poursuivent et le dialogue se maintient pour pourvoir avancer rapidement sur des projets de solutions à travers des réunions dans le cadre des différents comités qui sont à l’arrêt et que nous avons demandé qu’ils soient relancés. Le Dr. Merabet a indiqué que les discussions ont également porté sur les conditions de l’exercice syndical. « Nous avons longuement discuté ce volet notamment par rapport à l’existence de situations conflictuelles qui traînent malgré les instructions du ministre de la santé nous constatons de la résistance de la part de certains responsables du secteur. Ces situations conflictuelles sont en relation avec les actions de protestation dans beaucoup d’établissements , des situations que l’on peut éviter à condition que les responsables adhèrent et que les instructions trouvent leur application sur le terrain ». S’exprimant sur les conditions des professionnels de la santé, il les qualifie de difficiles, notamment pour ce qui est des salaires qui ne reflètent pas le niveau de qualification, ni l’engagement des professionnels de santé. « Ceci pousse nos praticiens à quitter le secteur public ou quitter le pays carrément pour s’installer à l’étranger et servir les malades des autres pays », regrette le Dr. Merabet qui a mis l’accent sur l’importance de préserver l’élément humain qui constitue le capital dans toute activité et tout secteur. Il a, également, relevé la nécessité de repenser à travers la réforme du système de santé, le mode de fonctionnement de la contractualisation et d’établir clairement les relations entre les secteurs public et privé. « Cela permettra une accessibilité aux soins de manière équitable indépendamment des moyens du secteur public et de la dépense publique».

Kamélia Hadjib

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