Béjaïa : Et l’étincelle jaillit !

Le déclenchement de la guerre de Libération est gravé en lettres d’or dans le monde entier.  Un peuple qui a rejeté l’oppression et l’exploitation de l’ennemi, un peuple né pour la liberté et non la domination, un peuple qui voulait prendre en main son destin et ne jamais vivre en esclave.

La première balle qui a été tiré le 1er novembre n’est qu’une des étapes vécues par le peuple algérien qui subissait les affres du colonialisme français et qui a décidé de prendre en main son destin en annonçant le combat contre l’occupant. L’étincelle jaillissait le 1er novembre 1954 a travers une déclaration appelant le peuple a se mobiliser et à s’unir pour répondre à l’appel des moudjahidine pour affronter l’occupant avec de modestes fusils de chasse, mais ils étaient surtout animés d’une volonté inébranlable et d’un courage sans faille. Le peuple algérien savait pertinemment que «lorsque un peuple, un jour, veut la vie, force est au destin d’y répondre, aux ténèbres de se dissiper et aux chaînes de se briser». Les Algériens savaient que la lutte et la guerre seront rudes et que le prix sera lourd. La Révolution armée déclenchée en novembre 1954 a permis à tout le peuple algérien de s’unir comme un seul homme debout pour affronter l’ennemi. Toutes les régions du pays se sont mobilisées autour des moudjahidine qui ont mené une lutte héroïque pour que le drapeau algérien flotte aujourd’hui à travers le pays.
Le défunt Rachid Adjaoud témoignait que «la lutte pour la libération dans la vallée de la Soummam a commencé dès le début du déclenchement de la Révolution. Les premiers militants qui étaient structurés au sein de l’Organisation spéciale ou dans le parti MTLD furent les précurseurs des actions politiques et militaires dans la région à l’exemple de Abderrahmane Mira, Hemimi Fadhel, Mohand Akli Nait Kabbache et autres.
Dès le début de l’année 1955, il y avait une campagne d’information et de sensibilisation. Les premiers commissaires politiques chargés de cette action ont été choisis pour leur connaissance du terrain et leur grand savoir en matière de psychologie. Le congrès de la Soummam à quelques kilomètres des postes militaires français de Taourirt, Akbou, Takrietz et Seddouk a été une réussite complète et s’est déroulé sans aucun incident notable. De ce fait grâce à l’application des résolutions et à la nouvelle organisation de la wilaya, la lutte armée s’est amplifiée et des succès importants ont été remportés tout au long des années 1956 et 1957.
Adjaoud avait souligné que «c’est aussi après le congrès de la Soummam que de grandes opérations aéroportées ont été déclenchées. L’opération Duffour qui a commencé dans la vallée de la Soummam s’est terminée aux confins des Bibans et sur les hauts plateaux de Sétif et Bordj Bou-Arréridj sans qu’aucun de nos responsables ne soit touché».
En ce qui concerne la propagande, il existe au niveau de la wilaya, au PC d’Akfadou et de Bounaamane, un service de presse très efficace. Des tracts sont souvent diffusés à l’intention des populations et le journal ronéotypé El Moudjahid paraissait mensuellement. Ce journal comporte des articles sur les actions militaires de l’Armée de libération nationale et les atrocités commises par l’armée française.
Il relate également l’activité diplomatique des dirigeants à l’extérieur. Il faut préciser qu’en ce qui concerne le service de presse, le colonel Amirouche a regroupé tous les intellectuels qui se trouvaient au maquis pour en faire des conseillers et diriger ce service au niveau de la Wilaya. Parmi eux, Tahar Amirouchène, Hocine Sahli, maître Benabid Youcef, le professeur Amardjia, les instituteurs Hamel, Ferhani...
Par ailleurs dans les forêts d’Akfadou, Bounaamane et Attrouche, il existait de véritables hôpitaux dirigés par des médecins de renom a l’exemple de Ahmed Ben Abid et Mustapha Laliam qui prodiguaient les soins nécessaires aux moudjahidine blessés, parfois dans de pénibles conditions lorsqu’il s’agissait d’interventions lourdes.
Des soins sont aussi donnés aux populations et beaucoup de moudjahidine ont reçu une formation d’aide-soignant de la part de ces praticiens.
«Les nouvelles générations doivent préserver ce grand acquis de nos aînés dont beaucoup d’entre eux ont sacrifié leur vie durant la lutte armée pour que vive l’Algérie libre, indépendante et souveraine. Une Algérie de progrès et de prospérité pour tous ses enfants», disait-il.
Pour que la Révolution soit plus efficace, mieux organisé et surtout permanente, il fallait une stratégie militaire pour contrer l’ennemi. C’est à partir de cette idée que fut organisé le congrès de la Soummam le 20 août 1956 à Ifri Ouzellaguen. C’était un moment décisif de la guerre de Libération.
Le grand poète de la Révolution algérienne Moufdi Zakaria écrivait : «Nous avons occupé la scène de l’Histoire, en déclamant des vers ainsi qu’une prière dont les invocations jaillissent de ton âme, Algérie.»
Mustapha Laouer

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