Une vision prospective

Par définition sommaire, le risque majeur, c’est la menace sur l’homme et son environnement direct, sur ses installations, une menace dont la gravité est telle que la société, quelle qu’elle soit, peut se trouver désarmée par l’ampleur du désastre. Si les catastrophes naturelles sont inévitables, la prévention vise à réduire leurs conséquences.
D’une manière générale, le phénomène se caractérise par un coût prohibitif des impacts sur l’environnement et la détresse des gens affectés. Notre pays reste exposé aux aléas des catastrophes naturelles. Par exemple, les inondations et les crues sont dévastatrices dans certains cas et touchent plusieurs régions, atteignant parfois l’ampleur d’un drame.
On se rappelle les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le quartier de Bab El-Oued, le 10 novembre 2001, et qui ont causé la mort de centaines de personnes et de nombreux disparus. Les dégâts furent estimés à plus de 270 milliards de centimes.
Les pouvoirs publics comme les citoyens doivent s’organiser beaucoup plus efficacement, pour faire face aux calamités naturelles. Les spécialistes répertorient trois principaux risques majeurs en Algérie, à savoir les inondations, les séismes et les feux de forêt qui provoquent des morts et des blessés, en plus des pertes économiques et matérielles importantes.
D’où l’impératif de consolider au maximum la stratégie mise en place en matière d’intervention et de secours à la population touchée et en termes de prévention. Cette dernière n’est pas suffisamment prise en compte, malgré la répétitivité de ce phénomène. Les problèmes surgiront encore, tant que toute la société ne sera pas impliquée dans un débat aussi essentiel que celui sur la prévention. Par surcroît, il n’existe pratiquement pas de canaux de communication et de concertation entre les autorités et les habitants. Pour pallier cette carence, des portes ouvertes et des colloques doivent être généralisés, pour expliquer et sensibiliser les Algériens sur la conduite à tenir en cas de survenance d’un séisme ou d’un incendie, pour ne citer que ces deux exemples. Dans tous les cas de figure, les leçons doivent être tirées en permanence pour parvenir à affronter ces déchaînements des forces de la nature avec un minimum de préjudices. L’expérience prouve que le déclenchement d’un plan ORSEC n’est pas suffisant, et qu’il faille recourir à une vision prospective des risques qui mobilise l’ensemble de nos potentialités scientifiques et techniques, une démarche multisectorielle en phase avec les objectifs de la stratégie nationale de prévention et de gestion des calamités. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait insisté, dans son 33e engagement, sur la nécessité d’œuvrer pour garantir un cadre de vie respectueux des exigences du développement durable, de la préservation de l’environnement et des richesses. Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, a affirmé que son département ministériel œuvre dans le sens d’une révision du mode de fonctionnement de la Délégation nationale aux risques majeurs et à sa dotation des ressources nécessaires, pour qu’elle puisse s’acquitter pleinement de ses missions.
EL Moudjahid

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