Une Afrique en paix et intégrée

Les défis sont incommensurables pour l’Afrique, victime des séquelles de la barbarie coloniale et confrontée, aujourd’hui, aux tentatives d’ingérence et de marginalisation inscrites dans les fondements injustes et inéquitables du nouveau monde qui ne laisse aucune chance aux plus faibles. En marge du processus de vaccination qui profite aux pays riches, elle doit nécessairement repenser la stratégie d’intégration et de développement entravée par les conséquences ravageuses de la pandémie pour la relance économique et l’exacerbation des foyers de tension alimentés par les ingérences extérieures, dont les drames libyen et malien sont l’illustration parfaite. En jeu : la sécurité sanitaire, le droit au développement et à la paix, tributaire de l’éradication de la pandémie, l’élimination des vestiges coloniaux et de la dépendance sous toutes ses formes. Cette approche a été défendue par le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, lors de la Journée mondiale de l’Afrique, plaidant pour l’urgence d’une solution africaine aux problèmes africains. «Cette halte annuelle nous interpelle à l’effet de réaffirmer notre engagement aux valeurs et aux principes de notre organisation régionale, mais aussi évaluer les pas franchis dans le cadre de l’édification de l’Union africaine.» Le rêve panafricaniste, porteur des idéaux de liberté et de développement régional, structure la quête de la nouvelle Afrique qui ambitionne de faire les armes de la division et de l’affaiblissement pour appréhender un avenir prospère et sûr aux couleurs d’une intégration économique réussie. Il est indéniable que le lien entre la croissance, la sécurité sanitaire et la stabilité est fortement établi. La constitution d’un marché commun, régi par la Zone de libre-échange (ZLECAf), dont l’Algérie a été le premier signataire, et de l’Agence africaine du médicament est le signe annonciateur d’un renouveau attendu. En pionnier du Nepad, érigé en agence de développement de l’Union africaine (Auda-Nepad), l’engagement total de l’Algérie se décline dans la contribution au fonds de l’Union africaine de lutte contre la pandémie, la production locale du vaccin profitable aux pays africains et ceux de la région, la résolution par la voie pacifique des conflits et le lancement des chantiers de l’intégration. Des progrès ont été enregistrés dans la réalisation de la route Transsaharienne, mobilisant près de 300 milliards de dinars, du gazoduc reliant l’Algérie au Nigeria, et le raccordement de la fibre optique Transsaharienne. À l’avant-garde du développement durable, l’Algérie se consacre à la mise en place d’un environnement commercial et infrastructurel adéquat, favorisé par le lancement du futur hub aéroportuaire de Tamanrasset destiné au transport des passagers et du fret, ainsi que du mégaprojet d’El-Hamdania (Cherchell), considéré comme l’une des plus importantes infrastructures maritimes de la Méditerranée et de l’Afrique.
El Moudjahid

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