Un partenariat exemplaire

La locomotive algéro-sud-africaine se met en marche pour traduire dans les faits les idéaux de liberté, de paix et d’intégration rêvés par les pères fondateurs de l’Afrique indépendante, unie et solidaire. En pionnières de la nouvelle Afrique, arrimée aux perspectives prometteuses du Nepad et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’Algérie et l’Afrique du Sud participent activement à l’avènement d’un continent émergent que les énormes potentialités de son sous-sol autorisent amplement. La bataille de l’intégration continentale est un enjeu fondamental pour mettre fin aux séquelles de la marginalisation historique et — à l’heure des défis du nouveau monde — combattre le projet néocolonial voué au pillage des richesses africaines et porteur de divisions et de chaos attestés par la légitimation de l’occupation illégale du Sahara occidental, l’enfer libyen et la persistance des conflits. Face aux ingérences étrangères aux conséquences désastreuses pour le développement continental, l’urgence d’un front uni est davantage révélée par le retour à l’unilatéralisme et à l’égocentrisme des chantres de la mondialisation. En moteur du renouveau africain, légitimé par le combat contre le colonialisme et l’apartheid, Alger et Pretoria participent activement à la consolidation du partenariat favorisé par les «liens historiques et exceptionnels» relevés par le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, recevant en audience le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum. Lors de cette importante visite, la volonté de coopération dans les domaines politique, sécuritaire et économique a été exprimée par le président sud-africain, disposé à œuvrer de concert avec le président Abdelmadjid Tebboune pour conforter les bases d’un partenariat à la hauteur de l’excellence des relations politiques. Dans la perspective de la réunion de la Haute commission bilatérale (BNC), la finalisation des accords commerciaux tend au renforcement d’un partenariat durable et efficient, aux couleurs d’une Afrique «sûre et prospère», tributaire du retour à la paix et à la stabilité dans un continent miné par les aléas de l’intervention étrangère, la résurgence des conflits, la montée en puissance du terrorisme et le développement de la criminalité sous toutes ses formes. Totalement en phase avec l’objectif primordial de l’Union africaine, proclamant la nécessité de «faire taire les armes», l’Algérie, en puissance d’équilibre régional incontestée, et l’Afrique du Sud, assurant la présidence africaine après avoir défendu les intérêts du continent durant son mandat de membre non permanent du Conseil de sécurité, sont déterminées à agir pour mettre fin à l’occupation dans la dernière colonie de l’Afrique et à l’ingérence étrangère en terre africaine. A la lumière de l’escalade, délibérément provoquée par la violation du cessez-le- feu par l’occupant marocain et le mur de la honte, les deux pays ont appelé à la nomination immédiate du nouvel envoyé spécial du Secrétaire général de l’Onu et au lancement d’un «véritable processus politique» garantissant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui à travers un référendum juste et transparent. Tout en se déclarant gravement préoccupés par la situation explosive au Sahara occidental, l’Algérie et l’Afrique du Sud se mobilisent pour assurer une plus grande implication de l’UA dans le règlement de la question libyenne, pays victime de l’intervention occidentale et des interférences des puissances régionales en lutte de leadership ravageur. Cette convergence de vues algéro-sud-africaine est la voie la plus sûre pour une Afrique au service des intérêts des peuples africains.
El Moudjahid

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