Un enjeu crucial

Nul n’est à l’abri de la cybercriminalité. L’instrumentalisation de cette face sombre, protéiforme d’internet est capable du pire.
La liste de ses méfaits est énorme : appels à la haine et incitation à la division, lavage de cerveaux, diffusion de fake news dont le taux a augmenté de 14% depuis l'apparition du Coronavirus en Algérie, cyberattaques, notamment terroristes, se propagent sur les réseaux sociaux. L'espace virtuel est également utilisé dans le cadre des guerres de quatrième et cinquième générations, par l'élaboration machiavélique de plans de déstabilisation, l'intox et la mobilisation contre des régimes politiques à l’effet d’opérer des changements servant les intérêts de parties étrangères. En cette occurrence, les exemples ne manquent pas. La guerre virtuelle du XXIe siècle, hypersophistiquée et persistante, ne relève pas de l’imagination féconde d’un amateur de science-fiction.
Les «internautes» ne portent pas d’uniforme et sont difficiles à identifier. L’Algérie est confrontée à cet arsenal maléfique et inédit, à travers des messages électroniques fictifs ou des programmes nichés dans des sites web piégeurs. La riposte efficace contre ce type d’agression à large échelle nécessite des réponses préventives et répressives, pour mettre à l’abri les libertés les plus essentielles, défendre la souveraineté et l’intégrité du territoire national.
Il est aussi question d’immuniser la société algérienne contre toutes les tentatives destinées à la plonger dans les abîmes de la discorde et de la désunion.
C’est une priorité de l’heure qui implique plusieurs acteurs pour sécuriser des institutions et des intérêts de la plus haute importance. L’antidote est connu. Il consiste à consolider une stratégie nationale de vigilance globale, dotée de tous les moyens matériels et humains, fondée sur des dispositions réglementaires et juridiques suffisamment dissuasives et adaptées à la conjoncture, renforcer l'adhésion des citoyens autour des services de sécurité en vue de sévir contre les cybercriminels, veiller à parvenir au plus haut degré de qualification technique des diverses forces engagées sur ce front de lutte. «L'Algérie, qui veille à produire un contenu national numérique professionnel, est ciblée par une guerre électronique structurée où se croisent les tentacules de parties étrangères ayant misé sur l'échec du processus démocratique engagé par le Hirak populaire et mené à bon port à la faveur des élections», a affirmé le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer. La sensibilisation des citoyens quant à la gravité de l’enjeu est plus que nécessaire, au regard de la situation que vit l'Algérie et des dangers qui menacent ses frontières.
La consolidation d’un front interne pour riposter contre les crimes et délits électroniques est un impératif cardinal.
Des campagnes d’information régulières dans les médias aideront le grand public à mieux le prémunir contre la perversité de cet ennemi particulièrement dévastateur.
Compte tenu de la vulnérabilité des adolescents et des jeunes, il est utile de les initier ou de valoriser leurs capacités dans le domaine de l’informatique.
El Moudjahid

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