Seul un référendum

Il fallait s’y attendre. La violation du cessez-le-feu par le Maroc, dans la zone d’El-Guerguerat, au sud-ouest du Sahara occidental, en agressant militairement des civils, a suscité une large vague d’indignation et une condamnation internationale.
Le royaume chérifien continue de bafouer impunément les termes du Plan de paix, qu’il avait signé en 1991 avec le Front Polisario, sous l’égide de l’ONU. Il persiste obstinément à vouloir faire ce qu’il veut dans un territoire sur lequel personne ne lui reconnaît de souveraineté.
Cette opération militaire dans une bande tampon contrôlée par l’instance onusienne ne peut qu’intensifier les tensions dans la région. L’occupant marocain, à court d’arguments, n’a plus aucune raison pour justifier aux yeux du monde son agression féroce, les arrestations politiques de militants, les enlèvements, les harcèlements et le pillage des ressources devenus le quotidien des Sahraouis qui poursuivront la lutte jusqu’à l’obtention de l’indépendance.
Le président de la République sahraouie, secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a fermement réagi. «Le Maroc a sapé toute chance de parvenir à une solution pacifique et durable de la question de la décolonisation du Sahara occidental», a-t-il indiqué, dans une lettre adressée au SG des Nations unies, Antonio Guterres. La présence du Maroc sur le territoire de la RASD est classée par l’Assemblée générale des Nations unies en tant qu’occupation illégale dans sa résolution 37/34 en 1979 et 35/19 en 1980. S’y ajoutent les avis de la Cour Internationale de Justice en 1975, de la Cour européenne de justice en 2016 et en 2018, ainsi que les avis juridiques des Nations unies en 2002 et de l’Union africaine en 2015.
L’ONU et le Conseil de sécurité doivent se départir de leur inertie et assumer leur responsabilité, en prenant rapidement les mesures qui s’imposent, pour éviter une dégradation de la situation et une menace pour la paix et la sécurité régionales. La solution à la juste cause sahraouie ne sera possible que par le référendum, et non par une agression armée.
En orchestrant cette escalade militaire, le Maroc administre la preuve irréfutable d’une fuite en avant, en tentant vainement de se soustraire, comme à son habitude, à ses engagements internationaux et à tous les accords conclus avec la République arabe sahraouie démocratique. Le dialogue direct entre les parties en conflit (Maroc-Sahara occidental), sous les auspices de l’ONU, reste la seule solution devant conduire à un règlement politique, négocié et permanent. La communauté internationale demeure convaincue d’une accélération dans la désignation du représentant personnel du SG de l’ONU au Sahara occidental ; poste vacant depuis la démission d’Horst Köhler en mai 2019. La nécessité de planifier immédiatement un référendum d’autodétermination, en vue de la libération du peuple sahraoui et l’établissement d’un État indépendant, s’impose plus que jamais, en dépit des actions du régime marocain et de la connivence de pays qui entravent jusqu’à présent, l’application des décisions onusiennes.
El Moudjahid

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