Sagesse

L’opinion publique et les observateurs de la scène politique prennent bonne note de la volonté du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de se concerter avec des chefs de parti, au sujet de la situation globale qui prévaut dans le pays. Une démarche qui augure d’un changement radical du mode de gouvernance, annonciateur d’une rupture irréversible avec les pratiques d’un système politique obsolète, que rien n’incitait à faire amende honorable, en dépit des appels incessants et pacifiques du peuple au retour à la raison. Dans un passé récent, les Algériens ont pu, notamment, constater les dérives de l’autocratie, par la validation, à ciel ouvert, de subterfuges électoraux de triste mémoire. L’entrée par effraction de l’argent sale des pontes de l’oligarchie fut un symbole révélateur d’un délitement accéléré de l’État, un chapitre peu glorieux de notre vie politique. La confection en vase clos des listes des candidats par des clientèles peu respectueuses de l’expression populaire a fortement décrédibilisé les opérations de vote et aggravé un désintérêt notoire pour les élections. L’élaboration d’un nouveau cadre institutionnel qui restaure la garantie d’une joute électorale transparente est un acte fondateur d’une véritable démocratie participative.
C’est une des revendications les plus insistantes du Hirak populaire. Le président de la Commission nationale chargée de l'élaboration du projet de révision de la loi organique portant régime électoral, Ahmed Laraba, a présenté au chef de l’État les différentes propositions émises par les partis, dans le cadre d’une procédure qui ne souffre aucun malentendu. Le gage d’une recomposition en profondeur du paysage politique ne fait pas l’ombre d’un doute, avec la mise en place de réformes structurelles d’envergure, notamment en matière de mode de scrutin proportionnel à listes ouvertes. La révision du Code électoral et la loi relative aux partis politiques vont constituer le socle sur lequel reposera un pluralisme sain, débarrassé de toutes les tares qui l’ont singulièrement affecté. Un acquis indéniable qui conforte sensiblement la confiance des électeurs et les réconcilie avec leurs représentants élus. Ce faisant, la scène politique ne manquera pas d’être assainie et investie par des militants en phase avec les préoccupations des citoyens.
Une société civile active, non inféodée politiquement, bénéficiant du soutien et de la confiance du chef de l’État, fortement impliquée sur le terrain, est en train de se constituer pour impulser une efficacité réelle à la démocratie de proximité. C’est d’autant plus urgent que l’état général du pays nécessite un sursaut salvateur.
La voie de la sagesse est ainsi consacrée face aux malveillantes objurgations de clans et aux tribulations sordides de groupuscules disparates qui s’acharnent à vouloir porter atteinte à la stabilité du pays, à briser la cohésion de la nation, à introduire les germes de la discorde au sein du peuple. L’Algérie s’engage résolument dans la bataille du renouveau, en misant sur les efforts de tous, en rompant avec la démagogie et les illusions d’un pacte politique et social factice.
El Moudjahid

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