Rigueur

Le décès de Nacéra Bekkouche, à la cité universitaire Ouled Fayet-2, suite à un court-circuit d'une résistance à l'intérieur de sa chambre, le sort tragique de cette étudiante, a remis à l’ordre du jour, la question des œuvres universitaires, qui, d’un avis partagé, laissent à désirer. Les doléances des étudiants quant à une meilleure prestation de service, jetées comme une bouteille à la mer, ne sont pas souvent suivies d’un écho positif. Restauration, transport, hygiène défectueux sont autant d’embûches récurrentes qui n’ont pas pu être réglées convenablement, provoquant matière à des plaintes tout à fait justifiées. Il fallait s’y attendre. Les autorités de tutelle ont limogé le directeur de la cité universitaire et mis fin aux fonctions du directeur général de l’Office national des œuvres universitaires. Des mesures drastiques sont prises pour pallier toutes les insuffisances pour qu’un drame semblable ne se reproduise plus. La précarité quasi générale des résidences universitaires est franchement inadmissible, quand on sait que l’État consacre, depuis longtemps et en permanence, des sommes extrêmement importantes au secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en particulier en ce qui concerne la prise en charge des étudiants. L’injection de ces enveloppes budgétaires massives aurait pourtant garanti une gestion des plus correctes, mais il semble qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a donné des instructions au ministre chargé du secteur, afin qu’il prenne toutes les dispositions adéquates et urgentes de réhabilitation des cités universitaires qui connaissent un état de dégradation des immeubles et des équipements, d’une part, et de sécurisation, d’autre part. Il a également demandé de prendre les mesures nécessaires relatives à l’amélioration de la qualité de la restauration et du transport des étudiants intra et interwilayas, de veiller à la propreté et au cadre de vie à l’intérieur des campus. Un directoire chargé de la gestion des œuvres universitaires pour une période déterminée a été mis en place, en attendant la désignation d’un nouveau directeur général de l’ONOU. Ce directoire est appelé à faire preuve de rigueur en cette conjoncture sensible et exceptionnelle. Le ministère va assurer le suivi de ces opérations, de leur apporter le soutien financier nécessaire. Les voies du dialogue et de la communication sont encouragées, à travers la tenue de rencontres périodiques avec les étudiants résidents, et ce pour aplanir toute éventuelle difficulté avec leur implication dans la prise de décisions relatives à leurs conditions de vie, en plus du retour à la constitution de comités des cités universitaires.
Il s'agira aussi de redynamiser une animation culturelle, scientifique et sportive, en nette déclin, et de créer des clubs scientifiques. La volonté politique de l’État en faveur de la promotion du monde du savoir se décline à travers les assurances du chef de l’État, de sa pleine disponibilité à le valoriser, en rehaussant son rang et sa place si névralgiques.
El Moudjahid

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