Place à l’éthique

L’Autorité nationale indépendante des élections, constitutionnalisée, avec le renforcement de ses missions, de sa composition et de son fonctionnement, a rendu publiques les conditions de candidature à l’Assemblée populaire nationale. Le profil de ceux qui vont débattre, proposer, amender ou voter les lois et contrôler l’action du gouvernement sera préalablement passé au peigne fin avant qu’ils puissent prendre part à la course à l’hémicycle du boulevard Zighoud-Youcef. Le candidat ne doit pas avoir fait l’objet d’une condamnation définitive à une peine privative de liberté pour crimes ou délits, et non réhabilité, à l’exception des délits involontaires. Il doit être sans liens avec l’argent douteux et les milieux de l’affairisme, et pour son influence directe ou indirecte dans le libre choix des électeurs, ainsi que dans le bon déroulement des opérations électorales. Il ne doit pas avoir exercé deux mandats parlementaires consécutifs ou séparés. L’objectif est de mettre en place une assemblée en phase avec les aspirations des électeurs. Il n’est plus possible d’admettre que cette institution soit encore convoitée par des prétendants qui couvent le secret espoir de glaner un siège par des manœuvres dilatoires. Le président de la République s’est engagé à mettre un terme à l’emprise de l’argent sale sur la politique.
Le peuple est particulièrement soucieux de se voir représenter par des députés dotés d’un sens élevé du service public. La Constitution amendée insiste sur l’impératif d’une moralisation de la vie publique sur la base des principes de la bonne gouvernance. Désormais, il n’y aura plus d’espoir pour les corrupteurs et les corrompus à partir du moment où la légitimité des urnes devra prévaloir avec la nouvelle loi électorale.
C’est là une exigence unanimement revendiquée par les citoyens pour l’émergence d’une scène politique redynamisée, régie par des standards et des normes authentiquement démocratiques.
L’enjeu est crucial, car il est question de retisser les liens de confiance des électeurs, largement désabusés par des actes qui n’ont rien à voir avec le vrai militantisme. Une confiance pervertie considérablement par des scrutins cousus de fil blanc durant l’ancien régime. Il s’agit également d’asseoir l’État de droit, réclamé par le peuple et le Hirak, et qui était fréquemment annoncé par des discours qui n’ont jamais dépassé le cadre très étroit des professions de foi et des promesses sans lendemain. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Belkacem Zeghmati, a mis en avant, à l’École supérieure de la magistrature, le rôle pivot de la justice dans tout le processus électoral, soulignant que la justice détient tout le pouvoir et agit avec détermination en vue de la protection des voix des électeurs, à travers des mécanismes juridiques, y compris pénaux. Il a affirmé que les législatives du 12 juin prochain permettront au pays de renouer avec la prospérité escomptée et que ces élections s’inscrivent dans le processus élaboré par le président de la République en vue de sortir de la crise actuelle.
El Moudjahid

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