Ni lassitude ni fatalisme

Sans pousser à l’alarmisme, le Premier ministre Abdelaziz Djerad a fortement insisté sur le strict respect du protocole de prévention contre la Covid-19, lors du coup d'envoi de la campagne nationale de reboisement. Il rassure : «L’État dispose de tous les moyens pour faire face et réduire les cas de contamination, comme il l’a déjà fait durant la première vague de l’épidémie.» Des mesures sont arrêtées par le Premier ministre, au terme des consultations avec le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la Covid-19, selon une approche pratique, précise et objective. Conformément aux instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie a établi des contacts avec plusieurs laboratoires pour acquérir le vaccin contre le nouveau coronavirus. Les compétences algériennes reconnues à l’échelle mondiale sont associées pour s'assurer de sa bonne utilisation.
L’heure n’est pas à la culpabilisation, mais il faut reconnaître que de nombreux citoyens ont tourné le dos au respect des gestes barrières, en particulier le port obligatoire du masque de protection, en toute circonstance, surtout dans les endroits fermés. La distanciation physique et l'hygiène des mains ne sont pas observées convenablement. S’ajoutent encore à ces carences, les regroupements de toutes natures. Est-il raisonnable de tolérer cette consternante permissivité de cortèges nuptiaux qui s’exhibent au vu et au su de tout le monde ? Peut-on persister à enterrer les morts sans se préoccuper de la prévention ? Trop d’imprudence et de désinvolture favorisent une augmentation inévitable des clusters. On ne le répétera jamais assez, toute sous-estimation de la gravité et de la dangerosité de ce virus engendre des répercussions néfastes. Plus que jamais, la prise de conscience collective doit focaliser sur la persistance d’un état d’urgence sanitaire qui impose le respect draconien des gestes barrières. La conjoncture actuelle ne peut s’accommoder d’aucun signe de lassitude, de découragement ou de fatalisme. C’est la seule alternative, dès lors que la médecine n’arrive pas à vaincre la résilience délétère de ce mal. Il faut donc renforcer les campagnes de sensibilisation et d’explication, pour convaincre, en particulier, ceux qui rechignent à appliquer les mesures de prévention, faisant courir un risque mortel à leurs proches et leurs familles ; en plus de compromettre les efforts pour la reprise des activités normales de la population. Devant cette brutale recrudescence de la maladie, beaucoup de praticiens ont exprimé, ces derniers jours, leurs craintes de revenir à la case départ, avec son lot de contraintes. Ils n’excluent pas un tour de vis beaucoup plus sévère de la part des autorités sanitaires si la situation s’aggrave. L’appel à la population est réitéré à partir du moment où elle joue un rôle stratégique dans un front de lutte décisif. Un enjeu de taille dans lequel les citoyens sont tenus de se mobiliser et de s’investir pleinement avec un sens élevé de responsabilité et de civisme, de faire preuve d’un haut degré de vigilance, pour réduire drastiquement la courbe de la contamination.
El Moudjahid

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