Le temps du référendum

Le Conseil de sécurité, qui tient depuis hier une réunion consacrée à l’examen de la situation au Sahara occidental, reprend pleinement ses droits pour sceller définitivement la fin du déni de la légalité internationale et de la monstrueuse coalition des entités coloniales perçue comme une sérieuse menace pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région. Ce retour, fortement attendu par la communauté internationale, signifie indéniablement l’échec d’une conjuration qui vise à légitimer la colonisation marocaine et à dévier le processus de règlement de son cadre naturel. La décision de l’administration Biden de revenir aux fondamentaux de la politique américaine, privilégiant la relance du processus onusien, est confortée par la reprise en main du dossier par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA). Dans sa réunion en date du 9 mars, le CPS a ainsi placé la question sahraouie dans son véritable contexte de décolonisation et pris une série de mesures appelant, notamment, à la réactivation du rôle de l’UA et à l’ouverture d’un bureau à Laâyoune. Face à cette évolution en faveur de la légalité internationale, les chimères de la monarchie, à bout de souffle et vendant son âme au plus offrant, ont vécu, au-delà du reniement des engagements internationaux et du torpillage en règle des missions des 4 envoyés personnels du secrétaire général de l’ONU et de ses 15 représentants. «Le Maroc a réussi, en toute impunité, à transformer ces efforts de médiation en missions impossibles», a indiqué, dans un communiqué publié à New York, le Front Polisario. Il appelle légitimement à un «nouveau cadre» de négociation «plus sérieux», pour sortir de l’état de léthargie la Minurso (Mission des Nations unies pour le Sahara occidental), incapable d’organiser depuis 30 ans le référendum d’autodétermination, et impuissante, depuis la dérive de Guerguerat, à stopper les actions d’une monarchie en guerre contre les populations civiles.
L’aveu de taille du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michèle Bachelet, est révélateur des projets de conjuration aux multiples tentacules. «Nous avons été empêchés par certaines parties d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation des droits de l’homme» dans les territoires sahraouis occupés, a-t-elle affirmé, lors d’une réunion du Groupe de soutien de Genève au peuple sahraoui, plaidant pour une nouvelle mission technique, dont la dernière remonte à 5 ans. À l’épreuve de l’obstructionnisme, de l’unilatéralisme et des complicités des parrains de l’occupant marocain, le temps d’un référendum libre interpelle le Conseil de sécurité pour rétablir dans ses droits fondamentaux le peuple sahraoui déçu par 30 années de fausses promesses. Les attentes sont immenses pour combler le déficit de légitimité et de crédibilité de l’ONU, tenue de remplir sa mission centrale de décolonisation en vertu du statut de territoire non autonome du Sahara occidental reconnu par le Maroc. Elles prennent forme dans la nomination d’un nouvel envoyé spécial, pour permettre la relance du processus onusien et la consécration du droit à l’autodétermination.
El Moudjahid

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