Le dialogue de toutes les urgences

Le processus du dialogue prend son envol. Il est ancré dans la tradition de la nouvelle Algérie — en rupture avec l’ère honnie de l’autocratie — soucieuse de développer un partenariat efficient avec la classe politique et ouverte sur toutes les composantes de la société, forte de la réappropriation de son droit à l’expression libre. La main tendue au Hirak pacifique et démocratique, reniant toute forme de violence et d’ingérence, et les multiples consultations entreprises avec les personnalités politiques, les partis et les acteurs de la société civile consacrent indéniablement une démarche consensuelle, en vigueur aussi bien pendant l’amendement de la Constitution et le nouveau projet de révision de la loi portant régime électoral, que dans l’élaboration du plan de relance économique. La volonté de dialogue sincère et dévouée ne souffre aucune équivoque. Elle est exclusivement au service de l’Algérie, comme l’a maintes fois affirmé le président de la République, lançant, dès son retour d’Allemagne, une série de rencontres avec les formations politiques de toutes tendances. Tour à tour, les dirigeants du mouvement El-Bina et du Front El-Moustakbel, forts de leur expérience de la présidentielle de décembre 2019, d’El-Islah, du MSP, de Jil Jadid et du FFS, se sont engagés dans un débat sur les réformes politiques, institutionnelles, économiques et sociales. Les attentes sont nombreuses et déterminantes pour la nouvelle Algérie, déterminée à relever tous les défis, comme elle a su le faire dans la bataille menée contre la pandémie globalement maîtrisée. L’urgence d’un front uni est ainsi revendiquée par tous les partenaires politiques, convaincus de l’importance du dialogue pour faire face aux exigences d’un monde en mutation accélérée et mettre en échec les tentatives de déstabilisation relayées par les résidus de l’ancien système et des parties au service d’agendas étrangers. Le temps est compté. À la veille des échéances électorales, porteuses d’une dynamique de renouvellement des institutions locales et nationales, il ne fait aucun doute que les voix et les porte-voix de l’ingérence vont refaire surface pour tenter de mettre en échec le processus de redressement national. Les attaques féroces qui ont marqué les épreuves de la présidentielle et de la nouvelle Constitution en font foi. Mais la locomotive du changement est bien partie pour appréhender avec toute la sérénité voulue l’étape charnière de la refondation démocratique. Le chantier de la révision de la loi électorale, annonciatrice d’une compétition à chances égales, scelle le destin de l’Algérie de la légitimité populaire en rempart aux plans de déstabilisation des nostalgiques de l’Eden perdu et des apôtres du chaos nichés dans la minorité de tous les extrémismes.
El Moudjahid

Multimedia