Le devoir de légalité

La réappropriation de la volonté populaire est le fondement de l’Algérie nouvelle. En totale symbiose avec les revendications du «Hirak authentique et béni», sans aucune attache avec les fossoyeurs de la démocratie, le choix libre et souverain du peuple annonce le retour à la légalité constitutionnelle, violée, deux décennies durant, par la faune des prédateurs participant à la razzia et à l’affaiblissement des institutions nationales. Cette rupture inquiète une certaine opposition prétendument démocratique, sevrée des privilèges des quotas et, à l’heure du changement démocratique, coupable d’une alliance de fait avec les héritiers de la nébuleuse criminelle qu’elle n’a eu de cesse de combattre pendant la décennie sanglante. Les faits tangibles renseignent sur les desseins macabres de cette coalition de la terreur. «Rachad a commencé à mobiliser tous azimuts et à donner des instructions pour affronter les services de sécurité et l’armée. Le Mak a tenté d’agir», a précisé le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans un entretien accordé à l’hebdomadaire français
Le Point. La confiscation du Hirak originel et le recours à la violence des deux mouvements portés sur la liste des organisations terroristes soulèvent la question cruciale de l’alignement de la famille démocratique, indifférente aux risques réels qui pèsent sur la sécurité nationale. Si le boycott est un choix incontestable, le silence assourdissant sur les agissements criminels des apôtres de la fitna et de la destruction est une forme de complicité tacite. La ligne de démarcation est perceptible dans la volonté de protéger légalement le droit de vote imprescriptible et d’immuniser les urnes de la transparence et de la régularité. Elle s’exprime dans le déroulement normal de la compétition électorale dans des conditions d’éthique et d’organisation exemplaires. À une semaine de la fin de la campagne électorale, aucun dépassement, aucune doléance et aucune forme de violence physique ou verbale n’ont été enregistrés. Ce qui est en soi un signe éloquent de la réussite du processus électoral aux perspectives beaucoup plus prometteuses. L’engouement des jeunes et la forte mobilisation de la société civile contribuent à promouvoir une ère démocratique tributaire du renouvellement des institutions nationales et de l’émergence d’une élite compétente et engagée dans la gestion des affaires locales et nationales. Aux couleurs d’une compétition plurielle et équitable, la nouvelle Algérie est forte du devoir de légalité républicaine intransgressible. Aux tenants de l’exclusivisme, brandissant le péril de l’islamisme politique, le président de la République a opposé l’apport de la Turquie, de l’Égypte et de la Tunisie dans le développement national. Toutes les assurances ont été données sur le non-retour de l’extrémisme des années de feu et de sang. «L’islamisme en tant qu’idéologie, celle qui a tenté de s’imposer au début des années 1990, n’existera plus jamais en Algérie», a affirmé le président de la République. Seul le changement par les urnes fera loi dans la nouvelle Algérie citoyenne et de la véritable démocratie.
El Moudjahid

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