La victoire de la légalité

La question sahraouie va-t-elle reprendre son cours normal ? Tout indique que la légalité est enfin de retour, après la dérive d’El-Guerguerat, signant la fin du cessez-le-feu, et le deal monstrueux sacrifiant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui sur l’autel d’arrangements géostratégiques. Moins de 3 mois après l’investiture de Joseph Robinette Biden, les prémices d’un changement de cap sont perceptibles. Attendu par la communauté internationale et revendiqué avec force par des personnalités influentes du camp des démocrates comme de celui des républicains, le nécessaire réajustement de la position américaine est perçu comme une volonté de marquer le respect des principes fondateurs des États-Unis et un attachement à la doctrine américaine qui a prévalu, 3 décennies durant, en matière de règlement du conflit entre le Maroc et le Front Polisario. En réunion virtuelle avec le Secrétaire général de l’Onu, coupable d’inertie et d’un silence face aux violations massives des droits de l’homme dans les territoires occupés, le secrétaire d’État, Antony Blinken, a appelé à la nomination, sans tarder, d’un envoyé spécial au Sahara occidental, pour accélérer la reprise du processus de paix entre les deux parties, le Maroc et le Front Polisario, ainsi qu’à une «coordination étroite» entre les États-Unis et l’Onu. Cette évolution notable sonne comme un désaveu cinglant de la forfaiture commise par l’ancienne administration. Un «examen attentif» des incitations incluses dans les accords de normalisation des relations de certains pays arabes avec l’entité sioniste, notamment en ce qui concerne la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, est également préconisé. Cette victoire inestimable de la légalité internationale place désormais le Maroc et ses alliés devant leurs responsabilités. En visite à Madrid, à l’invitation de son homologue espagnol Arabcha Conzalez Laya, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a exhorté le gouvernement espagnol à s’impliquer davantage dans le processus de règlement du conflit. «L’Espagne ne peut plus se cacher indéfiniment derrière les Nations», a souligné le chef de la diplomatie algérienne, appelant à une «position plus claire». Le devoir de légalité s’impose, pour rendre justice à un peuple livré à la barbarie coloniale, au moment où le peuple sahraoui, épris de paix et de dignité, rend hommage à l’une des figures emblématiques de la résistance, décédé à Madrid il y a un an. Le négociateur émérite, Mohamed Khedad, présent à toutes les phases de négociations depuis le lancement du processus à Bamako, en 1978, a consacré toute sa vie au service de l’indépendance et de la dignité de son peuple. Aujourd’hui, son héritage est reconnu par des personnalités de premier rang, tels l’ancien envoyé spécial Christopher Ross, l’ancien chef de la Minurso Francesco Bastagli, le président de la Conférence européenne de soutien et de solidarité avec le peuple sahraoui (Eucoco) Pierre Galand, et le président des fédérations des institutions de soutien au Sahara occidental Carmelo Ramirez, présents lors de la visioconférence marquant le premier anniversaire de sa disparition. Un signe du destin ?
EL Moudjahid

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