Illusion royale

Encore une fois, le royaume chérifien viole le cessez-le-feu dans la région d'El-Guerguerat, au sud-ouest du Sahara occidental. L’armée marocaine a une fois de plus franchi le Rubicon, en entrant, le 13 novembre 2020, dans la zone démilitarisée à El-Guerguerat, pour attaquer le campement des civils sahraouis qui bloquaient, depuis le 20 octobre, la brèche ouverte par l’occupant marocain dans cette zone-tampon pour orchestrer un pillage éhonté des ressources naturelles de ce territoire non autonome.
Le Maroc bafoue le droit international. Devant sa politique du fait accompli, il est grand temps que le Secrétaire général de l'ONU et le Conseil de sécurité prennent leurs responsabilités, en appliquant rapidement les mesures qui s'imposent, telles que la nomination d’un envoyé spécial pour le Sahara occidental, poste toujours vacant depuis la démission de Horst Köhler en 2019.
Il est urgent d’agir contre le bellicisme du makhzen, en privilégiant un pari sur la paix, et de mettre en place les mécanismes nécessaires, pour que le peuple sahraoui exerce librement son droit à l'autodétermination. C’est la seule alternative qui s’impose, en dépit des manœuvres sans fin du régime marocain et de ses alliés.
Devant la dégradation de la situation, les deux parties en conflit (Maroc - Sahara occidental) doivent reprendre le fil du dialogue et de la négociation dans les plus brefs délais. Sans quoi, la région risque de s’embraser. D’ailleurs, on se demande qui a intérêt à provoquer la guerre.
L'impératif de libérer ce territoire, dernière colonie africaine, est réclamé par la communauté internationale, les ONG honnêtes et impartiales. Il est navrant de constater que le règlement définitif de cette question se heurte à des obstacles, notamment l'arrêt des négociations entre le Maroc et le Sahara occidental, et les atermoiements dans la désignation d'un nouvel envoyé onusien pour le Sahara occidental. Bien des pays obstruent le processus de résolution de la question sahraouie. Leurs positions en faveur du Maroc sont claires au sein du Conseil de sécurité, mais ils manquent de courage pour les annoncer solennellement.
Le Front Polisario avait apposé sa signature, contre la promesse de l’organisation d’un référendum fixé à l’époque en janvier 1992.
Le roi Hassan II et son successeur, le roi Mohammed VI, n’ont eu de cesse de repousser l’échéance redoutée pour profiter du statu quo. Le peuple sahraoui attend, depuis vingt-neuf ans, la réalisation de cette promesse, mais en vain.
Le colonisateur marocain refuse d’entendre la colère d’un peuple qui s’est exprimé pacifiquement à Gdeim Izik comme à El-Guerguerat, pour ne citer que ces deux exemples.
La solution à ce conflit passe par l’Algérie. Rien ne se fera sans elle.
Sa position est incontournable, claire et n’a jamais changé. L’Algérie soutient sans réserve le processus d’autodétermination et l’indépendance du Sahara occidental. C’est un choix conforme à son histoire, à son implication constante pour la défense de la paix, les droits de l'homme et le droit des peuples colonisés à disposer de leur destin. C’est également un attachement aux principes fondamentaux de l'ONU.
El Moudjahid

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