Facteur bloquant

L’économie ne saurait être prospère dans un environnement propice à une persistance nocive de la bureaucratie, source de corruption et de mal-développement. Rares sont les citoyens qui ne se sont pas heurtés à ses procédures pointilleuses, paperassières à l’excès ; rares sont ceux qui ne sont pas excédés par une pléthore de démarches fastidieuses, des labyrinthes administratifs où il faut posséder le «fil d’Ariane» pour se retrouver. Déperdition de temps, gaspillage d’énergie, d’argent, occasionnent des retards endémiques, des tracasseries en tous genres.
Pour nombre d’Algériens, la bureaucratie est souvent synonyme de dilettantisme de certains fonctionnaires installés dans une routine sclérosante, éloignés des exigences du service public.
Un état d’esprit largement répandu au sein de la société qui en a fait, à juste titre, un secteur négativement connoté.
La bureaucratie est un frein qui a agi beaucoup plus en tant qu’élément d’exclusion des citoyens, compliquant leur vie quotidienne. «La guerre contre les pratiques de la bureaucratie se mènera sans répit et dans tous les secteurs», avait affirmé le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. L’Etat fournit des efforts dans ce sens, conformément aux aspirations de la majorité des citoyens, notamment les opérateurs économiques, gênés dans le redéploiement de leurs activités. Il est déterminé à prendre toutes les mesures nécessaires pour éliminer ce fléau en misant sur la réhabilitation des critères de compétence, de célérité et de transparence totale dans le traitement des affaires de la population.
«Des requêtes me parviennent régulièrement, émanant de citoyens et d'opérateurs économiques, concernant le non-respect, par certaines communes et wilayas, des délais réglementaires d'instruction et de délivrance des actes d'urbanisme, particulièrement le permis de construire et ce, en dépit de la mise en place des guichets uniques, censés permettre la réalisation de gains d'efficacité dans le traitement des dossiers tout en réservant aux demandeurs une réponse plus prompte», a déclaré le Premier ministre, Abdelaziz Djerad. «En plus d'encourager les pratiques informelles, cette situation impacte négativement le secteur de la construction avec les conséquences que cela induit sur l'emploi, et porte préjudice à l'attractivité économique de notre pays.» Les pratiques bureaucratiques et autres dysfonctionnements au niveau des administrations publiques pénalisent l'investissement, lèsent les droits des citoyens. Dans la lutte contre la bureaucratie, outre l’indispensable changement des mentalités rentières, il y a lieu de mener à bon port l’option pour le numérique. Le chef de l’Etat insiste sur l’accélération de la numérisation des secteurs et départements ministériels afin d’assurer un raccordement entre ces derniers, leur permettre de rattraper le retard enregistré dans ce domaine. C’est une riposte adéquate qui permet de consolider les assises de la nouvelle approche socioéconomique enfin débarrassée des techniques traditionnelles de gestion, de réflexes administratifs qui ont largement démontré leur limite.
El Moudjahid

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