Des perspectives prometteuses

Longtemps, la culture et l’économie ont vécu de manière séparée, et le monde artistique, d’une manière générale, était de plus en plus réticent à l’égard des arguments économiques.
L’idée selon laquelle les artistes ne peuvent vivre de leur art, souvent considérée comme l’expression la plus achevée du romantisme, était souvent brandie comme un lancinant leitmotiv.
Le poète Alfred de Vigny décrétait assez péremptoirement que «l’on ne fait de l’art que si l’on n’a pas besoin d’en vivre». L’artiste qui vit des conditions austères, qui peine à vivre de sa vocation, est passé de mode.
Les choses ont bien changé. Beaucoup de professionnels voient en les activités culturelles le moyen de contribuer à l’éveil des esprits, tout en permettant la création d’emploi et de richesse, sans oublier le capital prestige qui auréole toujours une nation forte de la diversité de sa production culturelle et de son ouverture sur l’universel.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ne cesse de donner des gages sur sa volonté d’agir dans le sens de la promotion de la culture dans sa pluralité, en lui accordant un intérêt majeur en matière d’encouragements palpables. En cette occurrence, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a évoqué le parachèvement de la loi régissant les relations de travail entre les gestionnaires des théâtres et les artistes. C’est une pertinente avancée.
Le gouvernement a mis en place un programme réaliste et des mécanismes à même d’ériger le pays en pôle de rayonnement culturel et de tourisme spirituel.
Les conditions pour un véritable essor de la culture et l’affirmation de son rôle sont réunies.
Des mesures sont prises pour enclencher une dynamique ascendante et multisectorielle, débarrassée progressivement des obstacles administratifs qui entravent l’aboutissement des projets.
Le Forum de l’économie culturelle, inauguré par le Premier ministre, est une heureuse opportunité pour aller dans le sens d’une reprise en main d’un domaine névralgique, souvent perçu à tort comme un parent pauvre.
La conception d’une culture budgétivore, qui a prévalu depuis des années, doit céder la place à une vision moderne qui intègre l’aspect commercial et managérial. Une culture sous perfusion de l’État n’est nullement rentable, surtout quand elle est affligée de manifestations dispendieuses, sans retombées positives.
Le défi actuel réside dans le passage d’une gestion administrée à une gestion régie par des critères économiques.
C’est pour cette raison qu’Abdelaziz Djerad a appelé à extraire la culture de son hyper-dépendance aux subsides de l’État, pour la transformer en un facteur de richesse et de création d’emploi.
Il a également appelé à organiser et à consolider le marché du produit culturel, à soutenir les acteurs de la culture face aux défis de l’évolution technologique et de la numérisation. Le renforcement de la production intellectuelle, culturelle et artistique au service du développement est un objectif que l’État veut concrétiser, à travers l’exploitation optimale des ressources de l’économie de la culture et l’ouverture d’horizons prometteurs à un secteur qui a subi un déclin qu’il ne mérite pas.
El Moudjahid

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