Dernière ligne droite

Les candidats en lice pour les législatives anticipées du 12 juin parcourent inlassablement le territoire, dans l’espoir de recueillir les suffrages des citoyens, seuls aptes à les mandater pour occuper les 407 sièges à l’Assemblée populaire nationale.
Les électeurs sont les seuls à décider de la possible reconfiguration de la chambre basse du Parlement, et c’est à eux que reviendra le dernier mot. Leur vote, que l’on espère massif, sera déterminant.
Croire ou agir autrement, c’est faire le jeu d’une minorité politicienne, jamais remise de ses illusions, de ses malveillantes manœuvres. Les postulants à la députation ont intensifié leurs activités d’explication, de sensibilisation, jusqu’à cet ultime virage, en multipliant les meetings, les rencontres de proximité et les rassemblements, animés également par les responsables des partis, transformés en tribuns et en orateurs intarissables pour les besoins de la cause.
Un fait marquant est à retenir : le scrutin se distingue par une intrusion importante des jeunes. Ils sont présents en force sur les listes, bénéficiant, notamment, de l'exigence de réserver la moitié de ces listes aux candidats âgés de moins de 40 ans. La main tendue du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à cette frange de la population a produit son effet.
Les candidats abattent leurs ultimes cartes, et prouvent, dans le même temps, que le pluralisme des idées, des opinions et des programmes, qui s’affrontent dans un esprit loyal, est effectif dans un espace public débarrassé de ses vieux démons claniques et partisans.
Autre observation : la campagne via l'internet a bousculé les modes et les stéréotypes traditionnels de la communication politique. Les réseaux sociaux sont largement usités. Autres temps, autres mœurs. Il faut relever que la course à l’hémicycle de l’APN se déroule de manière sereine et apaisée, comme cela est affirmé par le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, dans une interview accordée au quotidien Horizons.
Le président de l’ANIE, Mohamed Charfi, a déclaré aussi que le discours électoral n’a connu aucun dépassement, attestant que cela promet un avenir politique meilleur.
Dans le contexte politique actuel dominé par la volonté de changement radical en tant que cristallisation des aspirations du peuple algérien à tourner la page de l’autoritarisme et de la mal gouvernance, les prochaines législatives constituent une précieuse opportunité pour asseoir les bases d’une refondation politique majeure, éminemment décisive, qui s’opère dans un cadre constitutionnel rénové.
Sans vouloir administrer le discours de la méthode, il y a lieu de convenir que le bon sens et la lucidité imposent aux futurs députés, pour ne parler que de leur cas de figure, de tirer les leçons d’un discrédit qui a frappé leur institution et qu’il y a urgence à l’investir de la confiance des Algériens, en lui restituant l’ensemble de ses missions constitutionnelles.
Un lourd préjudice moral et politique a été infligé aux représentations élues, qu’il va falloir combler par un respect scrupuleux des principes de la dévolution du pouvoir et surtout son exercice.
El Moudjahid

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