Convergence

La tournée africaine du ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, sonne le rassemblement du camp de la paix et de la stabilité. De Pretoria à Luanda, en passant par Maseru et Nairobi, la démarche privilégie la quête du dialogue, pour relever les défis qui se posent à la nouvelle Afrique. Les enjeux d’un nouveau monde, nettement perceptibles dans le protectionnisme exacerbé d’un Occident en crise de valeurs, renseignent sur l’urgence d’une action solidaire pour imposer une solution africaine aux problèmes africains et promouvoir un développement intégré que la mise en place d’une Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) laisse espérer. Le compter sur soi et sur ses potentialités — suscitant les pires convoitises des puissances étrangères — n’est pas une vue de l’esprit. Il est une alternative à la marginalisation subie par l’Afrique, écartée de la gestion des dossiers épineux qui touchent à la stabilité continentale, et livrée, par le truchement des ingérences étrangères dans ses affaires, à la multiplication des foyers de tension et à la propagation du terrorisme international sévissant durement au Sahel. Le destin collectif est en jeu. Il est tributaire de la capacité de la nouvelle Afrique à s’imposer en partenaire incontournable, apte à réaliser l’objectif, visant à «faire taire les armes», poursuivi par l’Afrique du Sud qui assure la présidence de l’Union africaine. La bataille de la stabilité favorise une convergence totale entre l’Algérie, en promoteur de la paix et de la réconciliation, le Kenya assurant un «rôle stabilisateur» et l’Angola acquise aux valeurs de dialogue. Elle est fondamentalement conditionnée par la décolonisation du Sahara occidental confrontée au bellicisme de l’occupant marocain en collusion avec le sionisme. La violation de la légalité internationale et la négation absolue des principes et des fondements de l’Union africaine s’interprètent comme un grave déni de l’héritage anticolonial qui forge l’identité et la personnalité de la nouvelle Afrique appelée impérativement à faire front aux résidus du colonialisme, au néo-colonialisme et au néo-apartheid. Au cours de la tournée en Afrique australe et en Afrique de l’Est, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a forgé un consensus en faveur d’une implication plus grande dans la gestion des questions africaines, la consolidation des relations historiques et le parachèvement de la décolonisation dans la dernière colonie en Afrique. La dynamique d’une Afrique à voix forte, unie et prospère est enclenchée.
El Moudjahid

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