lundi 14 octobre 2019 00:03:35

Choix cornélien

PUBLIE LE : 08-04-2019 | 23:00 | EL MOUDJAHID

lLe Parlement avec ses deux Chambres tient aujourd’hui une réunion au Palais des Nations en vue de prendre acte de la déclaration du Conseil constitutionnel constatant la vacance définitive du poste de président de la République et activer l'application de l'article 102 de la Constitution. Une réunion somme toute formelle et banale, que la crise à laquelle le pays se trouve confronté aujourd’hui a rendu singulière et cruciale. C’est lors de cette réunion que le président du Conseil de la nation sera chargé d’assumer le poste de chef de l'État pour une durée de 90 jours au maximum, au cours de laquelle une élection présidentielle est organisée, sachant que le chef de l'État, ainsi désigné, ne peut pas être candidat à la présidence de la République. Même si pendant cette période de trois mois, le chef de l'État ne dispose que de prérogatives très réduites par rapport à un Président élu, le fait que la personnalité qui l’incarne fasse l’objet de vives contestations risque de compliquer le processus au lieu de le faciliter. En effet, cette personnalité, au pouvoir depuis au mois un demi-siècle, au-delà de ses qualités personnelles, n’est pas tolérée seulement par le mouvement citoyen, qui exige son départ immédiat, mais aussi par l’opposition et une partie des représentants des formations politiques de la majorité des deux Chambres du Parlement. Si une partie de l’opposition a choisi tout simplement de boycotter la réunion, et qu’une autre partie estime que l’application de l’article 102 non accompagnée de mesures politiques ne réglera pas la crise politique actuelle, appelant à d'autres solutions consensuelles dans l'esprit des articles 7 et 8 de la Constitution, ceux qui seront présents n’hésiteront pas à exprimer une position hostile à cet intérim. On ne sait pas l’attitude que prendra alors cette personnalité à laquelle on reproche essentiellement sa forte proximité avec le chef d’État démissionnaire. Va-t-elle prendre acte des fortes oppositions qui se manifestent, démissionner et laisser la place à une autre personnalité moins contestée, pour mener la courte période de transition, ce qui aidera largement le processus de la voie légale de sortie de la crise, ou va-t-elle se maintenir, au nom du respect de la même Constitution ? Un choix cornélien dont on espère que la raison et les intérêts suprêmes du pays l’emportent sur les considérations personnelles ou les egos surdimensionnés. Il s’agit d’un moment primordial où chacun des acteurs politiques est appelé à faire preuve du sens de l’État favorisant le bon fonctionnement des institutions et ne pas ajouter à l’inquiétude ambiante, une tension inutile.
EL MOUDJAHID   

 

Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions