Marché pétrolier : Une année de turbulences

L’année 2020 aura laissé son empreinte sur les cours internationaux de l’or noir. Une année particulièrement difficile durant laquelle «nous avons assisté à des turbulences sans précédent et historiques sur les marchés de l'énergie», note l’agence internationale de l’énergie dans son dernier rapport de décembre dernier. En plus des répercussions négatives induites de la décélération enregistrée dans le processus de croissance de l’économie mondiale, la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus aura compliqué davantage une situation déjà peu favorable à la stabilité des prix du brent, ces derniers ayant atteint leurs niveaux les plus bas depuis deux décennies pour rebondir à plus de 50 dollars. Une remontée de courte durée puisque les cours reprendront à la baisse.
«L'euphorie compréhensible autour du début des programmes de vaccination explique en partie la hausse des prix mais, il faudra plusieurs mois avant d'atteindre une masse critique de personnes vaccinées et économiquement actives et de voir ainsi un impact sur la demande de pétrole», indique le rapport de l’AIE.
Aussi, l'accord de l’OPEP+ visant à augmenter le quota de production de 0,5 mb/j chaque mois, «sous réserve de conditions offrant une marge de manœuvre pour plus d'offre, repose sur la reconnaissance que le marché reste fragile et a besoin d'un ajustement minutieux». Une prévision qui laisse entrevoir des perspectives plutôt incertaines quant à l’évolution du marché pétrolier mondial, en 2021, d’où la nécessité pour l’OPEP et ses dix partenaires de poursuivre les efforts dans le cadre de la démarche visant à stabiliser les prix. La demande de pétrole restera tributaire du contrôle de la crise sanitaire, mais aussi de la croissance économique mondiale, qui marque sa récession la plus importante au cours de ces deux dernières années. D’autre part, les analystes du marché pétrolier indiquent que l’offre évoluera en fonction de la gestion de la phase à venir, et des mesures qui seront qui seront mises en œuvre en 2021 par les pays de l’OPEP+ qui se réunit en janvier pour décider de la suite à donner à leur démarche sur fond de divergences. Des divergences dans les positions entretenues par certains pays non-OPEP, notamment la Russie et le Kazakhstan. Des différends que l’alliance OPEP+ devra gérer pour maintenir la cohésion du groupe et préserver les intérêts communs de l’ensemble de ses membres. Des hypothèses, des prévisions et des paramètres que «tout changement d’anticipation pourra évidemment, comme par le passé, faire fortement varier. Ils évolueront entre le prix de couverture des coûts opératoires en cas de crise ou des coûts complets en situation de reprise solide. Ils se situent actuellement entre ces deux repères faute de certitudes», indique une analyse publiée par IFP énergies nouvelles.
D. Akila

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