Inclusion financière : Améliorer la densité bancaire

Le gouvernement mise sur l’inclusion financière afin de pouvoir capter l'importante épargne non bancarisée. Des réformes de promotion de cet outil sont engagées afin de démocratiser les services financiers de masse et de lutter contre les exclusions financières et sociales. Toutefois, commente Hocine Sam, de l’université de Tizi Ouzou, sur le plan macro-financier, en dépit des efforts continus de l’État en matière de la promotion du système financier et de l’amélioration de taux d’intermédiation des banques, «la monnaie scripturale demeure peu utilisée par rapport aux objectifs escomptés», et «la monnaie fiduciaire prédomine (en grandes quantités) dans la masse monétaire en circulation». Également, sous l’angle de densité bancaire, «le pays est toujours en retard en la matière». En plus du fait que le réseau d’agences bancaires reste insignifiant par rapport aux besoins de la population, sa répartition spatiale sur l’ensemble du territoire demeure inégale, ce qui rend l’accessibilité délicate, notamment pour les populations souffrant de l’éloignement géographique. Aussi, l’accessibilité aux services financiers, explique l’universitaire, «nécessite de reconstruire le secteur financier en le ré-orientant de plus en plus vers les populations vulnérables et pauvres». Pour y parvenir, «il faudrait non seulement densifier le réseau de guichets (banques, postes et assurances… ), mais aussi il serait primordial d’investir dans la microfinance». Quant à Abdelkrim Zoheir Hadefi, universitaire à Sidi Bel-Abbès, «les progrès réalisés dans l'extension de l'accès aux comptes bancaires à la population adulte, au cours des six années jusqu'en 2018, ont démontré la possibilité de stimuler rapidement l'inclusion financière en Algérie». S’appuyant sur les expériences de nombreux autres pays africains et arabes, M. Hadefi affirme que «le potentiel inhérent à la banque numérique et islamique a également la possibilité de rapprocher encore plus le pays de l'accès universel à la banque». Toutefois, «des efforts supplémentaires seront probablement nécessaires pour surmonter la préférence culturelle en Algérie pour l'épargne et les transactions en espèces, y compris l'amélioration de l'éducation financière et l'accroissement de la confiance dans les institutions financières formelles». Se référant aux données saisies par le Fonds monétaire international pour la période (2013-2018), l’universitaire constate que «l’indice de pénétration bancaire est inférieur à 5.17, ce qui signifie que le taux de pénétration du système bancaire est très faible». Même topo pour «les ratios crédits/PIB et dépôts/PIB, qui sont faibles par rapport au seuil de solvabilité macroéconomique qui peut palper 60% du PIB, ce qui signifie que le système bancaire algérien ne parvient pas à inclure les capitaux informels». Résultat : «l’indice d’inclusion financière en 2018 est inférieur à 0.5, ce qui représente, selon les experts, un faible degré d’inclusion financière».
Fouad Irnatene

 

 

Sur le même thème

Multimedia