Hausse des prix des produits alimentaires : haro sur la spéculation !

Les produits alimentaires; légumes secs, pâtes, lait UHT entre autres, enregistrent une hausse des prix vertigineuse. Une situation qui met à rude épreuve le portefeuille des citoyens, et des petites bourses en particulier. Sollicité pour plus d’explications, le professeur Brahim Guendouzi, économiste, indique qu’aux perturbations occasionnées dans les chaînes d’approvisionnement, que ce soit à l’international qu’au niveau national, s’ajoutent «deux autres facteurs spécifiques au fonctionnement actuel de l’économie algérienne, en l’occurrence la désorganisation des circuits de distribution et une forte présence du secteur informel avec des pratiques spéculatives».
Une pratique qui «rend les augmentations des prix régulières sur un grand nombre de produits de large consommation, mis à part ceux dont les prix sont plafonnés, car subventionnés». S’agissant des fruits et légumes, ils présentent «une spécificité en liaison avec l’offre qui provient de quelques wilayas réputées pour leur niveau élevé de production, alors que la consommation touche l’ensemble du territoire national».
Dans son analyse, l’universitaire souligne que «les problèmes logistiques liés au transport interwilayas, au stockage et à la distribution, influent énormément sur les prix de vente aux consommateurs». Concernant les biens alimentaires importés, «la hausse des prix se justifie en premier lieu par la difficulté de s’approvisionner de l’étranger à cause des mesures sanitaires strictes adoptées par la plupart des pays fournisseurs de l’Algérie, d’une part, et de la dépréciation sensible de la valeur du dinar par rapport à l’euro et au dollar, constatée ces dernières semaines, d’autre part».
L’effet inflationniste n’est pas sans conséquence. Pour Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection des consommateurs, «le gouvernement doit intervenir pour contrôler et comprendre ce qui s’est réellement passé, et les spéculateurs doivent être sanctionnés». Qu’en est-il des prévisions ? La hausse des prix est-elle conjoncturelle ? «Il faut s’attendre à une flambée des prix», souligne le Pr Guendouzi, citant la loi de finance 2021, qui prévoit un taux d’inflation de 4,2% pour cette année. Avec la détérioration du pouvoir d’achat des citoyens, l’universitaire relève la «nécessité de maintenir, en cette conjoncture économique difficile, les soutiens des prix par l’Etat ainsi que l’ensemble des transferts sociaux afin de préserver la cohésion sociale dans le pays».
Plus encore, «la défense de l’emploi devient une priorité pour garantir au moins un revenu décent en faveur des couches sociales défavorisées».
La question du ciblage des subventions, elle, «devient indispensable à l’heure actuelle pour alléger un tant soit peu les dépenses publiques, mais sa mise en application risque de devenir problématique en raison de la complexité de l’équation». Notons, par ailleurs, que l'indice mondial des prix alimentaires a atteint une moyenne de 97,9 points en 2020, soit le niveau le plus élevé des trois dernières années.
A ce sujet, selon la déclaration de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), les produits laitiers et les huiles végétales ont été à l'origine de la hausse des prix mondiaux des denrées alimentaires en décembre 2020.
Fouad Irnatene

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