Exportations hors hydrocarbures : La compétitivité du produit national est primordiale

Faire de la dynamique économique, une locomotive pour la promotion des exportations hors hydrocarbures est la finalité de la démarche du gouvernement qui a mis en place une série de dispositifs et de mesures incitatives, renforcés dans le sillage de la LF-2021.

Toutefois, en sus de la problématique de la logistique qui exige des solutions concrètes, la stratégie nationale de l’exportation reste également tributaire de l’amélioration de la qualité du produit national, de sa disponibilité et de sa compétitivité à l’export. C’est ce vient de souligner le ministre délégué chargé du Commerce extérieur en évoquant des contraintes liées «à l'information économique, au système de qualité, à l'emballage et au transport». Dans ce contexte, le Dr Nadjia Chikh (université de Tizi-Ouzou) part de cette question, à savoir «Dans quelle mesure les dispositifs d’aide aux exportations hors hydrocarbures contribuent-ils à modifier la structure du commerce extérieur de Algérie ?». En réponse, elle affirme que «désormais, la substitution aux importations ne peut passer que par l’amélioration quantitative et qualitative du produit national». En effet, explique-t-elle, «limiter les importations de biens destinés à la revente sans donner lieu à aucune valeur ajoutée devrait être une priorité, voire même une urgence». Concrètement, «il s’agit de relancer la production nationale, et donc de réindustrialiser le pays, grâce à l’adoption de stratégies de substitutions aux importations», indique le Dr Nadjia Chikh. Dans cette optique, elle indique que le volume des importations de l’Algérie «révèle, au-delà de l’acuité du faible dynamisme de l’activité dans la sphère productive de l’économie nationale, la faible compétitivité des produits nationaux par rapport aux produits provenant de l’étranger». A ce titre, elle indique que «les difficultés sont dès lors à double niveau : le quantitatif et le qualitatif». Tout en insistant sur «l’impératif pour l’économie de renforcer les secteurs non pétroliers pour sortir de la dépendance excessive des revenus du secteur des hydrocarbures», le Dr Nadjia Chikh affirme que «le premier maillon de la chaîne des exportations hors hydrocarbures est la PME» et, qu’en conséquence, «l’enjeu est d’abord de créer en nombre important les PME pour avoir un véritable tissu productif, capable de répondre quantitativement et qualitativement à la demande locale, ce qui permettrait de réduire les importations».
Ces mêmes PME, ajoute-t-elle, «se projetteraient par la suite à l’international, et c’est bien à ce niveau qu’interviendraient les dispositifs d’incitation aux exportations hors hydrocarbures». Aussi, elle considère que «la diversification du tissu économique et la création d’un secteur non pétrolier compétitif restent conditionnés par un environnement favorable à l’investissement». Et à ce niveau, «beaucoup d’efforts restent à fournir», conclut Nadjia Chikh.
D. Akila

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