Dispositions prudentielles aux banques et aux établissements financiers : Reconduction à fin mars des mesures d’allègement

La Banque d’Algérie vient de reconduire pour la deuxième fois, jusqu’au 31 mars 2021, les mesures d’allégement de certaines dispositions prudentielles applicables aux banques et aux établissements financiers, contenues dans l’instruction N° 05 du mois d’avril 2020.

Une décision qui s’inscrit en droite ligne avec la démarche du gouvernement, consistant à prêter main-forte aux entreprises nationales confrontées aux répercussions de la crise sanitaire. En effet, se trouvant en situation pour le moins imprévisible, voire inédite, nombre de ces entreprises ont mis la clé sous le paillasson, d’autres ont réduit de façon drastique leurs effectifs. Quant à l’assistance de la BA, comme le mentionne son communiqué, elle consiste à «réduire le seuil minimum du coefficient de liquidités, à dispenser les banques et les établissements financiers de l’obligation de constitution du coussin de sécurité». Il est également prévu le report du paiement des tranches de crédits arrivant à échéance, ou procéder au rééchelonnement des créances de la clientèle impactée par la conjoncture induite par la Covid-19, et d'assurer la poursuite des financements en faveur des bénéficiaires des mesures de report ou de rééchelonnement des créances. «Cette mesure est prise dans le cadre de la poursuite des aides en faveur des entreprises nationales à l’effet de réduire les répercussions de la crise sanitaire sur leur fonctionnement», explique la Banque d'Algérie. Rappelons que dans un premier temps, ces mesures exceptionnelles d’allègement arrêtées par la Banque d’Algérie (BA) le 6 avril dernier ont été reconduites jusqu’au 31 décembre 2020. L’objectif était d’alléger l’impact de la pandémie de Covid19 sur le secteur économique national et de garantir les conditions indispensables à la poursuite de l’activité économique. Face aux difficultés des entreprises, le Cercle de réflexion et d’action autour de l’entreprise avait proposé «une contribution de solidarité de l’ensemble des employés sur le territoire national, ceux en tout cas qui perçoivent aujourd’hui cette rémunération». L’autre solution proposée consistait à recourir de «manière exceptionnelle au financement non conventionnel par création de monnaie. Un recours modeste qui, pour une fois, se justifierait amplement dans la mesure où il correspond à ce qui est pratiqué aujourd’hui dans un grand nombre de pays, développés ou en développement, qui sont confrontés aux mêmes effets de cette crise sanitaire mondiale». Dans une analyse pour le Care, Mouloud Hedir, économiste, affirmait que pour le secteur public, «des mécanismes extrabudgétaires existent, qui sont déjà opérationnels et qui drainent chaque année des montants très élevés, depuis longtemps». En revanche, déplorait-t-il, «aucun dispositif n’existe pour les entreprises privées, qu’elles soient dans le secteur formel ou dans le secteur informel qui subissent tout autant les effets récessifs du confinement».
F. Irnatene

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