Développement de la filière lait : Contraintes et perspectives

Les algériens consomment annuellement l’équivalent de 5 milliards de litres de lait, si ce n’est plus, ce qui correspond à une moyenne située entre 145 et 150 litres/hab/an. Sachant que la production locale avoisine les 3,5 milliards de litres, le recours à l’importation de ce produit stratégique, sous forme de poudre, permet de combler le déficit enregistré au niveau de la demande, soit entre 1,5 et 2 milliards de litres. Des quantités subventionnées par l’Etat destinées à la transformation locale par les laiteries, publiques et privées, conventionnées avec l’office algérien interprofessionnel du lait. La facture des importations de poudre de lait coûte au pays 1,5 milliard de dollars/an, et même si ce montant a été réduit à 1,2 milliard de dollars, il reste encore conséquent sachant que les importations de poudre de lait a connu une évolution ascendante au cours de la décennie 2009-2019, passant de 90.000 tonnes en 2009 à 180.000 tonnes en 2019.
En fait, la question de l’autosuffisance en lait est évoquée dans les discours des décideurs depuis plus de deux décennies, mais force est d’admettre que le pays est encore loin de cet objectif en dépit des progrès réalisés par la filière au cours de ces dernières années. Le gouvernement qui a adopté une vision conforme aux projections de l’Etat, en matière de sécurité alimentaire et d’autosuffisance dans les produits de large consommation, notamment le lait et les céréales, préconise la reconstruction de la filière laitière pour réduire cette dépendance excessive de l’extérieur pour satisfaire des besoins en constante croissance, d’autant plus que l’Algérie, consommateur potentiel de lait, est classé deuxième gros importateur de lait après la Chine.
En conséquence, l’urgence de restructurer la filière, en amont et en aval, réaffirmée par le Président de la République, doit être opérée dans les meilleurs délais au risque de peser davantage sur les dépenses de l’Etat. Toute une gestion à revoir pour assurer le développement de ce segment. Un dossier que le centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread) prévoit d’aborder, lundi prochain, à travers l’organisation d’un webinaire sur le thème «Les contraintes et perspectives du développement de la filière lait en Algérie».
Il s’agit de lancer la réflexion sur un sujet prioritaire d’actualité pour tenter de cerner les difficultés rencontrées par les acteurs de la filière et proposer des pistes pour des solutions adaptées aux enjeux et défis du secteur.
Le webinaire, indique le Cread sur son compte facebook, sera animé par Abbas Khaled, directeur de recherche à l’INRAA, Lazereg Messaoud, chercheur au cread, et Mamine Fateh, conseiller-expert dans un groupe d’expertise en accompagnement et stratégie des entreprises agricoles et agroalimentaires en France.

D. Akila

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