Conjoncture : Une ressource et des enjeux

La 22e réunion ministérielle des pays exportateurs de gaz qui s’est déroulée, jeudi, à Alger, aura mis l’accent sur les enjeux que représente cette source énergétique à l’avenir, tant pour les pays membres du GECF, en tant qu’exportateurs, que pour les pays consommateurs. Aussi, son rôle dans la transition énergétique a été au centre des discussions menées à haut niveau à l’occasion de cette réunion consacrée à l’examen des derniers développements, des tendances des politiques en matière d'énergie en général et de gaz en particulier, ainsi que des perspectives du marché mondial. L’Algérie, qui est l’un des exportateurs majeurs de gaz au niveau du continent, devra faire face à des défis multiples induits par l’accroissement du niveau de la consommation gazière interne, d’autant plus que cette ressource est à la base de la production de l’électricité, soit à hauteur de 99%, sans omettre le rôle primordial qu’il aura à jouer dans la politique nationale de transition énergétique préconisée par les pouvoirs publics. Dans cette optique, les données montrent que le gaz, qui reste à intégrer dans sa fonction économique, à travers l’optimisation de son usage, notamment dans le secteur de l’industrie, constituera un défi d’avenir pour le pays qui compte opérer un changement de son modèle de consommation d’énergie. Par conséquent, l’enjeu pour l’Algérie, dont la structure budgétaire est indexée sur le prix des hydrocarbures, le pétrole, en l’occurrence, et dont la demande interne moyenne en gaz devrait atteindre 67 milliards de mètres cubes, selon les prévisions à moyen terme de la commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg), soit une augmentation de 4,5%, en moyenne/an, réside dans l’accroissement des investissements dans l’industrie gazière, pour pouvoir répondre aux engagements du pays. La réponse est venue d’ailleurs du ministre de l’Energie, M. Abdelmadjid Attar, qui a annoncé, lors de l’ouverture de la table ronde ministérielle du GECF, que plus de 20 milliards de dollars seront investis au cours des cinq prochaines années dans le développement de la chaîne gazière. L’un des dix premiers producteurs mondiaux de gaz, l’Algérie compte à travers cet important investissement, opérer un développement massif de ses ressources gazières pour soutenir le financement de son économie, assurer l’accès au gaz à tous les citoyens, et assurer la continuité de l’approvisionnement de ses clients étrangers. La tenue du Forum du GECF à Alger constitue, à ce titre, une occasion, pour notre pays, de repenser sa politique gazière, conformément à ses objectifs et ses choix énergétiques futurs. Autant d’éléments à recadrer éventuellement, dans le sillage de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, mais aussi par rapport au rôle du gaz dans la diversification du mix énergétique national, un objectif inscrit dans la nouvelle politique du secteur de l’énergie. Une vision qui prévoit la valorisation du gaz comme étant un vecteur de développement économique.
D. Akila

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