Conjoncture : Quelles alternatives à la dépense publique ?

La politique budgétaire a un rôle clé dans la stabilisation macroéconomique et le soutien de la dynamique économique lorsque, toutefois, les ressources sont à leur niveau optimal. Actuellement, la situation financière du pays ne permet pas de puiser davantage dans la dépense publique pour couvrir les besoins du développement, en particulier les programmes d’infrastructures publiques, d’où l’option pour d’autres alternatives à l’argent de l’Etat. Aussi, le PLF 2021, qui fait état de cette contrainte traduite dans l’importance du déficit budgétaire, vise à instaurer les éléments d’une nouvelle approche en ce qui concerne la programmation budgétaire, à court terme, dans un objectif de maîtrise et de rationalisation des dépenses publiques, à travers l'adaptation des programmes d'équipements à venir à l’impératif de rationalité économique et en tenant compte des capacités financières du pays. Une orientation qui inclut dans son sillage une réforme structurelle du système bancaire, le développement d’un véritable marché financier. La réforme financière devra également porter sur le développement et l'amélioration des produits de la finance, la redynamisation de la Bourse d'Alger, la consolidation du rôle des banques dans l'accompagnement de l'investissement et des entreprises, l'ouverture du capital de banques publiques ainsi que l'ouverture de nouvelles banques privées, a affirmé dans ce sens le ministre des Finances. Le recours au partenariat public-privé, dont le dispositif règlementaire devant encadrer cette forme de partenariat est en cours de préparation, est également retenu dans le cadre de cette approche pour la diversification financière. Un mécanisme devant concourir au financement des investissements, qui jusqu’ici assurait le budget de l’Etat à travers le recours aux ressources du marché. «Le gouvernement s'emploie à la mise en œuvre d'un plan d'action portant diversification des sources de financement dans le souci de sortir de la dépendance aux sources de financement actuelles et de recourir, de manière stratégique, au partenariat entre les secteurs public et privé devant avoir un retour sur investissement à moyen terme», a expliqué, dans ce sens, le ministre des Finances dans sa réponse devant l’Assemblée populaire nationale. En fait, l’Etat, dont les ressources se sont sensiblement contractées depuis 2014, début de la crise pétrolière, pour atteindre des niveaux préoccupants, n’a d’autre choix que celui d’œuvrer à la recherche d’autres sources de financements alternatifs pour alléger la pression sur son budget et garantir, par la même occasion, un usage efficient de la dépense publique. On retient, à ce titre, que la répartition budgétaire, à court terme (2021-2023), des dépenses d'équipement, sera guidée par l’objectif de maîtrise et de rationalisation des dépenses publiques. Un objectif dicté par le principe de rationalité économique et qui tient nécessairement compte des capacités financières du pays .
D. Akila

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