Capital-investissement : Faible ancrage dans l’économie nationale

Bien qu’il présente des avantages pour les petites et moyennes entreprises par rapport au prêt bancaire, le mécanisme du capital-investissement reste encore peu développé en Algérie. Les données contenues dans le rapport de 2019 de la Cosob confirment, en fait, «le faible ancrage du capital-investissement dans le paysage économique algérien».
Dans ce contexte, «si le marché boursier offre plus de liquidités et une valorisation permanente, le capital-investissement permet, lui, une croissance plus stable, avec un rendement sur le long terme plus élevé» et qu’en conséquence, «le capital-investissement apparaît aujourd’hui mieux adapté aux besoins de nombreux entrepreneurs désirant ouvrir leur capital», indiquent Tayeb Chabi et Lamia Amirat, respectivement professeur et doctorante à l’université de Béjaïa. «L’Algérie a pris la mesure de l’importance du capital-investissement en mettant en place une réglementation propre à ce métier». Toutefois, si sur le plan fiscal de cette loi, des avancées ont été réalisées, elle «reste silencieuse sur certains points», d’où la nécessité d’apporter certaines améliorations «afin de rendre cette loi efficace et incitative», indiquent les deux universitaires. Ces améliorations, relèvent-ils, sont à introduire au plan de «la compétence des acteurs» qui demeure «cruciale pour le capital-investissement en Algérie, surtout qu’il s’agit d’un métier nouveau pour lequel très peu d’expertise est disponible», particulièrement en ce qui concerne «les stratégies d’investissement et d’arbitrage, la gestion et la couverture des risques, la maîtrise des techniques et des outils d’analyse financière et de mesure de la rentabilité, la diligence stratégique, les connaissances financières spécialisées (fiscalité, trésorerie, etc.), la valorisation des entreprises, la gestion des opérations de cession-acquisition ainsi que les connaissances en matière de réglementation financière». Il s’agira également, soulignent-ils, de «dynamiser le marché boursier», le développement du capital-investissement nécessitant «l’existence d’un marché financier qui offre aux investisseurs en capital la possibilité de sortie par introduction en Bourse, considérée comme la forme la plus avantageuse». Ainsi, «un effort significatif doit être fait pour relancer la Bourse algérienne, afin de favoriser et d’encourager l’introduction des entreprises, en l’occurrence les petites et moyennes entreprises», soulignent ces deux universitaires qui mettent également l’accent sur l’importance de «développer les compétences entrepreneuriales» à travers les pépinières d’entreprises et les centres d’incubation». Cette démarche doit axer aussi sur «l’amélioration de l’environnement des affaires, la réduction des coûts des crédits, l’amélioration de la transparence réglementaire, l’encouragement des partenariats public-privé, la facilitation de l’investissement privé, la levée des entraves au bon fonctionnement du marché foncier, la lutte contre la corruption et l’arbitraire, la transparence dans l’accès aux marchés publics, l’amélioration de la compétitivité de l’entreprise et de l’économie nationale, l’instauration de lois pour protéger les petits investisseurs et le renforcement du droit des affaires». Les deux universitaires suggèrent, enfin, la mise en place d’une association regroupant les structures du capital-investissement avec pour missions de représenter, de développer et de promouvoir le métier du capital-investissement, notamment auprès des entrepreneurs.
D. Akila

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