Actifs mondiaux de la Finance islamique : 3.69 trillions de dollars en 2024

Les actifs mondiaux de la finance islamique devraient atteindre 3,69 trillions de dollars d'ici 2024, selon un rapport sur le développement de la finance islamique 2020, publié samedi par la Société islamique pour le développement du secteur privé (SID). Réalisé par Refinitiv, l’un des principaux fournisseurs de données sur les marchés financiers et la SID, membre du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), le document précise que les actifs mondiaux de la finance islamique ont augmenté de 14% en 2019, atteignant 2,88 trillions de dollars et devraient atteindre 3,69 trillions en 2024.
Il est également indiqué que les actifs de la finance islamique du Conseil de coopération du Golfe (CCG) avaient atteint 1,2 trillion de dollars en 2019, suivis du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) à 755 billions USD et l'Asie du Sud-Est à 685 billions USD.
«Le secteur bancaire islamique contribue à l'essentiel des actifs mondiaux de la finance islamique», a ajouté le rapport.
Ce secteur a augmenté de 14% en 2019, ce qui équivaut à 1,99 trillions de dollars d'actifs mondiaux. Cela se compare à une croissance de seulement 1% en 2018 et à une croissance annuelle moyenne de 5% sur la période de 2015 à 2018, selon les données de la SID et Refinitiv. S’agissant des principaux pays développés en matière de finance islamique, le rapport cite la Malaisie, l'Indonésie, le Bahreïn, les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite.
Cette année, l'Indonésie a affiché l'une des améliorations les plus notables de l'indicateur de développement de la finance islamique (IFDI), passant pour la première fois à la deuxième place en raison de son haut niveau de connaissance et de sensibilisation. Selon la SDI, l'Indonésie a grimpé à la deuxième place du classement de l'IFDI grâce aux initiatives gouvernementales en matière de connaissances.

Le rôle de la finance islamique dans l'atténuation des conséquences de la Covid-19

Cité dans le rapport, le P-dg de Refinitiv, David Craig a déclaré que «le manque de données pertinentes et exploitables a freiné le secteur de la finance islamique pendant trop longtemps. C’est pourquoi l’indicateur de développement de la finance islamique est désormais un outil si important pour les décideurs et les acteurs du marché». Selon lui, ce marché vaut déjà près de 3 trillions de dollars et je suis enthousiasmé par son avenir, en particulier en ce qui concerne Sukuk et parce que la finance islamique a tellement en commun avec la finance durable, «l'une des tendances les plus importantes du commerce mondial aujourd'hui».
Le P-dg de la SID, Ayman Sejiny, cité également dans le rapport, a déclaré : «Nous pensons que les analyses et informations fournies dans le rapport de cette année serviront de point de référence vital pour l'état du secteur financier islamique en ces temps difficiles, et nous restons convaincus que la finance islamique peut jouer un rôle majeur dans l'atténuation des conséquences sociales et économiques de la pandémie de la Covid-19.»
Le rapport couvre 135 pays et est basé sur cinq indicateurs clés comprenant le développement quantitatif, la connaissance, la gouvernance, la sensibilisation et la responsabilité d'entreprise et sociale (RSE).
Selon le document, les investissements verts et socialement responsables (ISR) ont augmenté aux Emirats arabes unis et en Asie du Sud-Est en 2020. Evoquant la pandémie Covid-19, le rapport a souligné que celle-ci a changé la donne puisque plusieurs banques islamiques ont signalé des pertes et réduit leurs bénéfices tout au long de cette année.
La pandémie a également entraîné une croissance dans certains domaines de l'industrie, car certains régulateurs se sont tournés vers la finance islamique pour atténuer l'impact économique.
«L'émission de Sukuk des entreprises a également repris après un arrêt prudent au premier trimestre 2020», a fait observer le même document, tout en précisant que les entreprises profitent de faibles coûts d'emprunt pour consolider leurs finances, tandis que la pandémie continue de frapper le commerce et les économies.

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