Accord d’association avec l’UE : atouts Agricoles

Une nouvelle dynamique se met en place pour le secteur agricole. Le gouvernement promet d’en finir avec les entraves bureaucratiques à travers la mise en place du guichet unique pour les projets éligibles à l’investissement.
Le problème du foncier, promet le ministre de l’Agriculture, ne se posera désormais plus. Ce secteur, moteur de la croissance, compte intégrer la numérisation, la digitalisation et brandit à l’échelle régionale et internationale ses arguments. Autrement dit, mettre en place une «agriculture intelligente». Pour Kirouani Lyes, Zidelkhil Halim, de l’université de Béjaïa, ce volet agricole peut être utilisé comme un atout dans l’Accord d’association Algérie-UE. Toutefois, expliquent-ils, «la logique de l’exception l’a donc emporté dans le partenariat euro-méditerranéen sur celle de la libéralisation annoncée».
En effet, «malgré les avancées constatées dans la libéralisation des produits manufacturés dans la négociation des accords d’association, les négociations dans le domaine agricole restent loin des ambitions affichées au départ des négociations, l’accord d’association ne doit pas se limiter au simple libre-échange dans le domaine industriel, mais doit, forcément, s’étendre à l’ensemble des domaines». A propos de la libéralisation du secteur agricole, les universitaires expliquent qu’il «demeure toujours stratégique pour les deux parties et sa libéralisation constitue la clé de succès qui va donner plus de crédibilité à ce partenariat euro-algérien».
Dans le même ordre d’idées, MM. Kirouani et Zidelkhil soulignent que «la libéralisation du secteur agricole, comme le motive la déclaration de Barcelone, est une libéralisation qui ne devrait pas rentrer en conflit avec les différentes politiques agricoles des pays signataires». Elle doit également être compatible avec les règles de l’OMC. Pour ce faire, expliquent les universitaires, la libéralisation du commerce agricole en Méditerranée, «a besoin d’un pacte agricole afin de surmonter les divergences d’intérêt entre les partenaires commerciaux dans cette région». Ce pacte «doit se faire entre l’UE et ses partenaires d’une part, et entre les Etats membres de l’Union européenne d’autre part, ainsi que de booster les relations économiques entre les pays de la rive sud de la Méditerranée». L’analyse des textes de l’accord, notent les universitaires, fait ressortir «l’importance majeure accordée au volet commercial au détriment des autres volets». Les attentes à travers ces accords divergent entre les deux partenaires.
Cette divergence est motivée par la différence de niveau de développement entre les deux rives et la différence des objectifs attendus par les deux parties. Par ailleurs, les universitaires précisent que les concessions accordées par la partie algérienne aux produits agricoles en provenance de l’UE, «concernent 75 lignes tarifaires, ces dernières bénéficient de franchise de droit de douane ou des réductions partielles allant de 20 % à 50 % de droit de douane déjà pratiqués dont 63 lignes tarifaires sont soumises à des quotas tarifaires, en d’autres termes à des contingents». Aussi, les réductions tarifaires sur les quantités importées traditionnellement de l’UE, «se composent essentiellement de produits de large consommation». Ces produits qui constituent la base du modèle alimentaire algérien «bénéficient des réductions très importantes de l’ordre de 20% à 100%».
Fouad Irnatene

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