Accord d’association Algérie - UE : Vers un rééquilibrage ?

Ph. : Billal
Ph. : Billal

L’accord d’association Algérie-Union européenne a été, hier, au centre des débats tenus à l’Institut national des études de stratégie globale. Les différents intervenants ont relevé une série d’anomalies qui ont entaché ce pacte et étaient unanimes quant à la nécessité de le rendre plus avantageux à l’Algérie. L’accord d’association Algérie-Union européenne a été, hier, au centre des débats tenus à l’Institut national des études de stratégie globale. Les différents intervenants ont relevé une série d’anomalies qui ont entaché ce pacte et étaient unanimes quant à la nécessité de le rendre plus avantageux à l’Algérie. 

Dans son intervention, Noureddine Benfreha, directeur de la coopération avec l’UE et les institutions européennes au ministère des Affaires étrangères cite les positions des parlementaires européens sur les droits de l’Homme et la situation politique dans notre pays «sous l’effet de lobbies d’intérêts hostiles à l’Algérie». Il est aussi question de la «persistance de la relation déséquilibrée avec l’UE», des «importations au cours des dix dernières années qui n’ont pas été accompagnées d’une augmentation significative des IDE européens». Au chapitre des défis et contraintes, le même responsable désigne l’«utilisation des contingents des produits agricoles qui reste très faible se situant entre 0 et 39% pour l’ensemble des contingents». Aussi, poursuit M. Benfreha, «l’Algérie n’a pas tiré profit des concessions tarifaires accordées unilatéralement par l’UE parce qu’elle exportait quasi-exclusivement des hydrocarbures». Sur sa lancée, le représentant du ministère des Affaires étrangères relève également le différend commercial entre les deux parties suite «aux mesures restrictives à l’importation prises par l’Algérie dans le cadre de l’encadrement du Commerce extérieur». Relevant la nécessité de rendre cet accord plus avantageux à l’Algérie, M. Benfreha préconise le « renforcement d’une démarche promotionnelle en direction des institutions européennes pour défendre les intérêts de l’Algérie», «le renforcement du dialogue parlementaire avec le Parlement européen», «la mise à niveau des entreprises nationales et l’appropriation de ces programmes de coopération». S’y ajoutent la nécessite d’«ériger les secteurs à forte valeur-ajoutée comme des leviers de coopération», «la mise en exergue des nouvelles opportunités qu’offre le marché algérien notamment suite à la levée de la règle 51/49», ainsi que «le rééquilibrage du volet commercial», «l’élaboration des études d’impact avant l’adoption des mesures en rapport avec l’Accord d’association», «la pérennisation des programmes de coopération», et le «développement de nouvelles initiatives de coopération telle que la coopération sur la lutte contre la surfacturation».

2005-2020 : les importations algériennes de l’UE représentent 49%
De son côté, Samir Derradji, Directeur des relations commerciales bilatérale au ministère de Tutelle, souligne, en termes de chiffres, que de 2005 à 2020, les importations algériennes de l’UE représentent 49% du total des opérations pour un montant de 324.87 milliards de dollars. Quant aux exportations totales, elles représentent 54% et celles effectuées hors hydrocarbures 68%, soit 27.9 milliards de dollars. Sur les échanges commerciaux avec l’UE, l’orateur souligne que le montant des exportations algériennes vers son partenaire se situent à 1.29 milliards USD/an, tandis que les importations s’élèvent à 21 milliards USD/an. Une situation qui dégage un «déficit chronique de la balance commerciale hors hydrocarbures». Dans le détail, M. Derradji précise que, pour les importations, le secteur agricole représente 16% et l’industrie 84%. Les principaux partenaires sont l’Italie, la France, l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-bas et le Royaume-Uni. Pour sa part, Toufik Saci, de la direction générale des Douanes indique que le montant des avantages fiscaux accordées à l’importation depuis l’entrée en vigueur de l’accord jusqu’au 1er semestre 2020 sont estimés à 1.646.37 milliards de dinars, dont 1.317.41 milliards DA en termes de droits de douanes.

Fouad Irnatene

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