Transition énergétique : Gouvernement et citoyens impliqués

M. Ahmed Kerfah, professeur à l’Université des sciences et techniques Houari-Boumediène de Bab Ezzouar (Alger), a déclaré  à El Moudjahid que la transition énergétique signifie d’abord qu’il faille «donner une véritable dynamique au secteur des énergies renouvelables».

«L’enjeu de la transition devient de plus en plus pressant en raison de la rapide croissance démographique qui posera de graves problèmes sur le plan du développement et de consommation des énergies», explique le spécialiste qui affirme que si le taux de consommation des énergies continuera de la même façon, l’Algérie fera face à de «sérieux problèmes» à l’horizon de 2030. Il précise que les énergies renouvelables sont désormais au centre de tous les intérêts, non pas pour la qualité de vie qu’elles apportent, mais parce qu’elles sont au centre du débat sur le changement climatique. Et d’ajouter : «La transition énergétique consiste à passer d’un système fondé sur les combustibles fossiles à un système dominé par la production d’énergie propres et renouvelables, dont l’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie, en vue d’atteindre les objectifs climatiques mondiaux, dont l’Algérie a ratifié plusieurs conventions dans ce domaine.»
M. Kerfah affirme que «seules la volonté politique et l’adhésion de la population» permettent un changement radical de la stratégie énergétique, au moment où plus de 80% de la consommation énergétique est le fait des transports, de l’habitat et du tertiaire.
Avec plus de 50 millions d’habitants d’ici 2050, l’Algérie se trouvera certainement à la croisée des chemins en ce qui concerne l’avenir de l’énergie, souligne l’universitaire en précisant que la dépendance à l’égard du pétrole et des autres combustibles fossiles, et la croissance du coût de l’énergie «fragilisent notre économie». 
Il note que les sources d’énergie renouvelables constitueront à l’avenir, un élément clé d’un avenir durable. «Il faut impérativement réfléchir à la mise en place d’un nouveau cadre législatif pour renforcer la promotion et l’utilisation des énergies renouvelables ainsi que le déploiement d’investissements massifs dans l’objectif de promouvoir les énergies éolienne et solaire, et d’orienter les financements destinés au fossile vers les énergies renouvelables», insiste le spécialiste. Kerfah considère que la promotion des sources d’énergie renouvelables exigera des changements de politiques énergétiques et impliquera des mesures du gouvernement et des sphères de décision économique, outre l’implication du citoyen.
Tahar Kaidi

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Mohamed Saïd Beghoul, expert consultant
«Le renouvelable ne peut pas remplacer les énergies fossiles»

Entretien réalisé par Mohamed Mendaci

Pour l’expert consultant en énergie, l’Algérie accuse un grand retard en ce qui concerne la réalisation du programme national de développement des énergies renouvelables qui ne pourront jamais se substituer aux énergies fossiles sur lesquelles toute l’économie est axée. Il évoque, dans cet entretien, les obstacles qui bloquent le développement de ce secteur.

El Moudjahid : L’Algérie lance un programme ambitieux de développement des énergies renouvelables, pensez-vous que notre pays est sur la bonne voie ?
M. S. Beghoul : L’Algérie a mis en avant, dans le passé, énormément de projets inscrits dans le cadre du développement des énergies renouvelables. Néanmoins, cela reste au stade de projet et la stratégie n’avance pas, bien que tout le monde soit d’accord sur leur importance qui est un passage obligé et plusieurs pays sont déjà avancés. Toute action en ce sens serait la bienvenue d’autant plus que cela peut amorcer la croissance économique nationale. Pas plus de 400 MW ont été réalisés depuis le lancement du programme national du développement des énergies renouvelables, ce qui représente un avancement inférieur à 2% en huit ans. Les objectifs de ce programme sont de 22.000 MW à l’horizon 2030, ce qui ne sera pas possible à ce rythme, les pouvoirs publics ayant accusé un grand retard dans la réalisation de ce projet.

Pensez-vous que l’intégration massive du renouvelable dans le mix énergétique constitue un enjeu majeur en vue de préserver les ressources fossiles ?
Réellement cela peut être une raison, mais pas tout à fait. Pour l’Algérie, le mix énergétique est 100% fossile. Quant au mixte électrique, il est composé à 98% de gaz naturel, l’énergie la plus disponible. Jusqu’à présent, 2% seulement proviennent de l’énergie solaire et de l’éolien ainsi que quelques cas isolés dans des petits projets. L’intégration des énergies renouvelables en Algérie comme partout dans le monde n’a pas pour objectif de remplacer les énergies fossiles mais de les accompagner afin de faire des économies sur les énergies fossiles et consommer moins de gaz naturel. Dire que les énergies renouvelables peuvent économiser chaque année 5 milliards de mètre cube de gaz naturel est faux.  

Alors qu’est ce qui bloque le véritable développement des énergies ?
Le blocage n’est pas propre uniquement à l’Algérie. A mon humble avis, ce qui bloque vraiment ce sont nos politiques qui n’accordaient pas beaucoup d’importance à ce créneau, convaincus que notre pays regorge suffisamment de ressources pétrolières et surtout gazières à telle enseigne qu’il n’a pas besoin des énergies vertes. C’est une énorme erreur malheureusement. La meilleure preuve sur ce que je dis est la production de l’électricité à partir du gaz qui a connu une progression significative depuis 2011, passant de 11.000 MW à 20 .000 MW.
Pourtant, ce ne sont pas les moyens, ni les compétences qui font défaut, mais il y a un sérieux manque de volonté politique. Les pouvoirs publics doivent s’impliquer davantage dans ce secteur pour aspirer, dans les décennies à venir, de grandes capacités de ces énergies propres.
L’une des causes qui entravent le développement des énergies renouvelables en Algérie a trait, à mon sens, aux multiples changements enregistrés à la tête du secteur, ce qui a provoqué la discontinuité de la politique engagée par les gouvernements en place.
M. M.

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Ministre de la Transition énergétique et des énergies renouvelables
Les attributions fixées par décret

Les attributions du ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables ont été fixées par un décret exécutif publié dans le Journal officiel (JO69). Le décret exécutif 20-322, signé par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, stipule que la mission première du ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables est "l'élaboration des politiques et stratégies visant à promouvoir la transition énergétique et les énergies renouvelables" ainsi que leur "suivi" et leur "contrôle". Le ministre devra "rendre compte des résultats de ses activités au Premier ministre, au gouvernement et au Conseil des ministres". Il est, en outre, en charge de "définir les moyens juridiques, humains, financiers et matériels nécessaires" pour la mise en œuvre des "politiques et des stratégies nationales dans les domaines de la transition énergétique et des énergies renouvelables".
Il devra proposer, en conformité avec le programme du gouvernement, le modèle énergétique basé sur les économies d’énergie, les énergies renouvelables et un mode de consommation et de production d’énergie durable. Cela, en plus "de développer et de valoriser les énergies renouvelables" et en faisant la promotion de "la maîtrise de l’énergie et de la substitution inter-énergétique". Le ministre du secteur est en mesure "d’exercer l’autorité publique" en veillant à "l’application des règlements et des prescriptions techniques", tout en assurant le "contrôle des structures centrales et déconcentrées ainsi que des établissements publics placés sous son autorité" en s'assurant du "bon fonctionnement des agences et organismes relevant de son secteur". Le décret confère au ministre le pouvoir de "concevoir et de mettre en œuvre, en relation avec les secteurs concernés, les stratégies et les plans d’action de la transition énergétique". Il devra se concerter avec eux à l'élaboration du "modèle énergétique national".
Il contribuera aussi "à toute étude et tous travaux d’analyse, de prévision et de prospective dans le domaine de la maîtrise de l’énergie". Il devra faire "la promotion des sources d’énergie les plus rentables et les moins polluantes" mais aussi "la culture de l’utilisation rationnelle de l’énergie".
Alors qu'en matière d’énergies renouvelables, le ministre devra "concevoir" et "mettre en œuvre, en relation avec les secteurs concernés, les stratégies et les plans d’actions liés au développement des énergies renouvelables pour la production d’électricité et toutes autres applications" en développant et valorisant "des infrastructures et des potentialités nationales en énergies renouvelables" et en initiant et menant "toute étude d’évaluation du potentiel national en énergies renouvelables". Le ministre pourra "contribuer à toute étude et tous travaux d’analyse, de prévision et de prospective dans le domaine des énergies renouvelables" en proposant "l'intégration des énergies renouvelables dans les différents secteurs d’activités socio-économiques". En plus de la "mise en place d’une industrie locale des équipements et matériaux contribuant à la maîtrise de l’énergie et aux énergies renouvelables et au développement d’entreprises de services énergétiques".
Il devra mettre en place et développer les "infrastructures dédiées à la certification et au contrôle de la qualité des matériaux et équipements" pour assurer "la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables". Il travaillera également en concertation avec le ministère chargé de la normalisation "à l’élaboration des règlements techniques et des normes" pour "la mise en conformité des installations et équipements industriels".
Le ministre devra participer "aux activités de recherche scientifique et de développement technologique" dans son secteur. Il pourra proposer "toute mesure de promotion de l’innovation technologique en matière d’utilisation des énergies renouvelables et assure sa valorisation". Pour ce qui est de la coopération internationale, le ministre "assure le développement et la promotion de la coopération bilatérale et multilatérale". Il devra veiller "à l’application des conventions et accords internationaux auxquels l’Algérie est partie prenante" et "participe aux activités des organismes régionaux et internationaux" en apportant "son concours aux négociations internationales".

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CEREFE
«insuffisance  de la ressource humaine»

Le Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREFE) a déploré dans son premier rapport annuel l’insuffisance de la ressource humaine nécessaire pour accompagner la transition énergétique en Algérie qui ambitionne de s’affranchir de sa dépendance vis-à-vis les ressources conventionnelles.
Selon le rapport du CEREFE, les établissements d’enseignement supérieur et de recherche scientifique compte actuellement 1.367 entre chercheurs permanents (437) et enseignant-chercheurs (930) qui activent dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Au vu de ce bilan, le Commissariat estime que "l’Algérie reste loin des effectifs nécessaires de chercheurs pouvant prendre en charge l’ambitieux programme du gouvernement en matière de transition énergétique". Le CEREFE constate, dans ce sens, que la faible attractivité des centres de recherche provoque un "exode massif" des chercheurs permanents vers une carrière purement universitaire et le personnel de soutien à la recherche vers le secteur privé, et ce, "à la moindre occasion". Face à cette situation, il est impératif de revoir les statuts de "chercheurs permanents" et de "personnel de soutien à la recherche" ainsi que l’organisation du travail des centres en vue d’assurer une meilleure prise en charge et de valoriser une recherche appliquée et adaptée aux exigences du pays, souligne-t-il.
Le CEREFE recommande, en outre, de rompre avec les connaissances exclusivement théorique ou fondamentale, estimant que les connaissances techniques et technologiques réelles sont seules garantes de l’émergence d’une industrie créatrice de richesses et d’emplois durables. Concernant la formation professionnelle, le rapport relève que le nombre des diplômés dans les filières relatives aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique a atteint 354 en 2020 alors le nombre des élèves en cours de formation est de 425.
Ces chiffres "restent très loin de la masse critique nécessaire pour accompagner la transition énergétique dans notre pays, notamment concernant les volets énergies renouvelables, efficacité énergétique ainsi que l’ensemble des activités économiques et industrielles qui vont avec", selon le rapport. Le Commissariat juge ainsi nécessaire de revoir la formation professionnelle dans ces domaines en quantité mais aussi en qualité afin d’assurer un "vivier de main d'œuvre qualifiée avec des aptitudes réelles à suivre les nouvelles dynamiques économique et industrielle". A noter que la nomenclature de la formation professionnelle en Algérie comporte neuf spécialités en relation avec les énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, encadrées par 93 professeurs.

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Mourad Louadah, CEO et fondateur d’IRIS JC IND
«Développer un écosystème local  du photovoltaïque»

Entretien réalisé par Ahmed Mesbah

«L’État doit encourager les investissements d’équipements technologiques et techniques dans le domaine du renouvelable, pour faire face à la demande à venir», indique Mourad Louadah, CEO et fondateur d’IRIS JC IND, qui couvre la chaîne de valeurs de la conception des produits, du conseil et études de projet, de la commercialisation, du montage et de la maintenance.

El Moudjahid : Avez-vous mis en œuvre des investissements dans le domaine des énergies renouvelables ?

Mourad Louadah : Nous avons acquis une concession au niveau d’Ain Oussara à Djelfa pour réaliser une plate-forme industrielle. Depuis trois ans, les travaux non pas démarré car la zone industrielle en question est restée sans aménagement (VRD, route, eau, gaz, moyens de communication...).
Par contre, nous avons investi dans l’engineering et la chaîne de valeur de l’EPC (ingénierie, approvisionnement et construction).
Nous sommes en phase de développement d’un écosystème local du photovoltaïque (engineering local, mise à niveau des ingénieurs, transferts du savoir-faire et best practices), qui va servir de base pour nos futurs investissements en tant qu’IPP (producteur indépendant d’électricité). Par ailleurs, nous sommes en relation avec des partenaires étrangers pour nous accompagner dans la production de composants entrant directement dans les systèmes photovoltaïques.

Est-ce qu’il y a un tissu industriel suffisant pour couvrir le marché des énergies renouvelables ?
Aujourd’hui, le marché des énergies renouvelables n’est pas encore attractif pour la simple raison qu’il n’existe pas encore dans une forme mature. Il est caractérisé par un manque de rigueur dans l’application du dispositif réglementaire mis en place par les pouvoirs publics.
De plus, l’industrie dans ce secteur est vaste et sans une visibilité sur le programme de réalisation, les investisseurs professionnels ne se sont pas lancés dans la fabrication des éléments de cette industrie, mis à part certains produits, comme le câblage, les boîtes de jonction, les structures métalliques et quelques accessoires.

Qu’en est-il des autres composants ?
A l’exception de l’encapsulation des panneaux photovoltaïques dont le coût du produit final est très élevé en plus du fait que la valeur ajoutée est minime, un watt importé en produit fini en coût et fret port d’Alger revient à 0,19 dollar avec tous les certificats aux normes internationales et une garantie d’une durée de vie de vingt ans. Le même watt assemblé en Algérie revient en moyenne à 0,75 dollar. La question en tant qu’IPP est de savoir à quel coût (LCOE) nous revient le KWh produit, tout en sachant qu’il est fortement impacté par le prix des panneaux.
Les autres composants, onduleurs et batteries par exemple, sont importés. Dans ces conditions, l’Etat doit encourager les investissements d’équipements technologiques et techniques dans le domaine du renouvelable pour faire face à la demande à venir.

Pourquoi n’y a-t-il pas de demande suffisante du renouvelable alors que la volonté politique existe ?
Oui, la volonté politique existe et a toujours existé, mais l’application des décisions ne suit pas sur le terrain. Ce qui n’a pas permis de créer un environnement favorable au renouvelable.

Le marché du renouvelable est destiné à quel type de consommateurs ?
La première destination doit concerner les consommateurs agricoles, les zones éloignées et les zones d’ombre, ensuite les consommateurs industriels. La consommation individuelle pourrait constituer un levier sur lequel les investisseurs et les consommateurs pourraient s’allier pour favoriser l’écosystème national du développement du renouvelable.

Quelle est l’organisation adéquate pour atteindre les objectifs de la transition énergétique ?
De mon point de vue, il faut séparer l’exploitation des énergies fossiles de celle du renouvelable et en même temps agir sur l’efficacité énergétique. L’organisation actuelle ne permet pas, à mon avis, la transition énergétique.
Pour la réussir, il faut regrouper les départements, mines, hydrocarbures (fossiles) sous la tutelle d’un seul ministère. Un autre ministère regroupera les départements chargés des énergies renouvelables, de la transition et de l’efficacité énergétique, l’environnement et la ville. Il faut aussi réorganiser le groupe Sonelgaz et le rattacher à ce dernier ministère.

Que proposez-vous pour que le renouvelable soit attractif ?
Pour que le renouvelable soit attractif, l’Etat doit créer les mécanismes efficaces de mise en œuvre de ses différents programmes, accompagner avec plus de facilités les investisseurs dans les EnR et veiller à l’application des dispositions réglementaires y afférentes ainsi qu’une gouvernance efficiente et stable.
A. M.

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Éclairage
Nouvelles perspectives

lL'urgence de sortir l’Algérie de la dépendance aux hydrocarbures est imposée par l’instabilité des prix du pétrole mais aussi par la volonté des pouvoirs publics de préserver les énergies fossiles. L’impératif de se tourner vers l’exploitation des énergies renouvelables, d'autant plus que plusieurs facteurs favorisent une transition rapide, se pose donc avec acuité. Ce changement de modèle énergétique est mis dans l’agenda politique. Dans ce domaine l'Algérie a pris du retard, mais avec le programme mise en œuvre par les autorités l’objectif n’est plus du domaine de l’impossible !
Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a souligné dans un message publié dans le premier rapport annuel du Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREFE), la détermination du gouvernement à instaurer un modèle énergétique durable et à asseoir les fondements d’une transition énergétique adaptée aux spécificités nationales. «Le gouvernement est déterminé à tout mettre en œuvre afin d’instaurer un modèle énergétique durable, où l’efficacité serait le maitre mot», a indiqué Djerad. Le gouvernement encouragera également les activités industrielles liées au secteur de l’énergie et adaptées à l’échelle des PME/PMI, créatrices d’emplois et de richesses. Dans ce sens, l'Algérie ambitionne de mettre en place un nouveau modèle énergétique à l'horizon 2035. C'est dans ce cadre qu'un ministère dédié à la Transition énergétique et des énergies renouvelables, a été créé. Cette décision, qualifiée de judicieuse et d'importante, a été saluée par les professionnels du secteur. La création de ce ministère permettra l'accélération de la concrétisation de la transition énergétique et l'amélioration des performances en matière d'énergies renouvelables, qui ne dépassent pas pour l’heure les 400 MW, chiffre qui contraste fortement avec le potentiel du pays.
Pour rattraper le retard, dont l'une des expressions et la faiblesse des résultats, la transition est désormais leitmotiv de l'Algérie. Un programme de développement des énergies renouvelables prévoit la production de 15.000 MW électricité à l'horizon 2035, dont 4.000 MW d'ici à 2024. L'objectif à atteindre dans les cinq années à venir est de concrétiser une transition énergétique basée sur l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables de façon à répondre aux besoins croissants de la consommation interne. Dans cette optique, l'Algérie s’est dotée d’un Commissariat national aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREFE) qui vise à renforcer la stratégie nationale en matière d’énergies renouvelables et à insuffler la dynamique nécessaire à sa concrétisation. En outre, un Institut de la transition énergétique et des énergies renouvelables (ITEER) sera ouvert à Sidi Abdellah (Alger), en septembre 2021, dans l'objectif de former des experts à même de donner une assise scientifique au plan de développement des énergies alternatives.
L’Algérie mise aussi sur le partenariat, surtout avec une institution aussi prestigieuse que le PNUD. Il s’agit d’un partage d’expertise et d’expérience, de renforcement des capacités de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Cet ensemble de mesures devraient impulser une forte dynamique au secteur.
Face à la baisse spectaculaire de la part du pétrole dans le monde d’ici trente ans.
L’État prévoit une transition énergétique.
En effet, elle compte faire passer son parc renouvelable des 500 MW à environ 2,9 GW en 2025. Dans la suite du lancement d’un méga projet, appelé TAFOUK 1.
Ce dernier augure la réalisation de centrales solaires photovoltaïques d’une capacité de 4.00 MW. Des spécialistes estiment que l’électricité produite par l’énergie solaire photovoltaïque est une véritable possibilité qui présente énormément d’opportunités pour l’Algérie.
Selon une étude faite par le cabinet Rystad Energy, une révolution énergétique est en marche en Algérie et en Afrique. D’ici 2025 l’Afrique passera de 12,6 GW, enregistrés en 2019, à 51,2 GW. L’Algérie connaîtra la croissance la plus considérable.
Farid Bouyahia

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