Rencontre littéraire : Ode à L’émir Abdelkader

Ode à l’émir Abdelkader, du poète polonais Cyprian Kamil Norwid, a été présenté par l’écrivain et homme politique algérien Kamel Bouchama, samedi dernier, aux élèves de l’école Cipele, à la librairie Point-Virgule qui se situe à Chéraga.

Cette rencontre littéraire a été organisée par la librairie Point-Virgule en collaboration avec l’ambassade de Pologne. «Ode à L’Émir Abdelkader est un livre qui vient de paraître sous la conduite de monsieur et madame l’ambassadeur de Pologne. Je n’ai fait que présenter le livre et j’ai participé avec un très beau texte», a indiqué Kamel Bouchama, qui ajoute : «Ce poème, je l’ai eu à Damas lorsque j’étais en poste en tant qu’ambassadeur d’Algérie, par le biais de la famille de L’Émir Abdelkader et je l’ai gardé dans mes archives. Dalila m’a appellé pour me dire que l’ambassadeur et son épouse cherchaient quelqu’un qui connaît ce poème et qui a travaillé sur l’Émir Abdelkader, donc elle leur a donné mes références.»
Le 23 mai 1883, Cyprian Kamil Norwid, poète humaniste et précurseur du modernisme, quittait ce monde. Trois jours plus tard, c’était au tour de l’Émir AbdelKader de tirer sa révérence. Au-delà de ce qui peut paraître comme un simple signe du destin, une profonde admiration et un grand respect ont lié les deux hommes. Sans jamais se rencontrer physiquement, ils ont réussi à faire converger leurs pensées et leurs combats vers des valeurs communes transcendant les barrières idéologiques dominant leur époque. Il s’agit là d’une rencontre spirituelle entre deux symboles de l’universalisme marquée par un vibrant hommage rendu par le célèbre penseur polonais au savant et fondateur de l’État algérien moderne. Saisi par la grandeur de celui qui s’est opposé au pogrom ciblant les chrétiens de Damas, Norwid instaure un dialogue inter-religieux reconnaissant la bravoure de l’Émir à travers six strophes qui ont inspiré l’ouvrage Ode à l’Émir Abdel Kader présenté par l’écrivain et homme politique algérien. Ce dernier a indiqué, par ailleurs : «Ce poème je l’ai eu par le biais de sa famille à Damas, c’est un des documents que j’ai ramenés à Alger. J’ai ramené des manuscrits, des effets de l’Émir, de beaux présents qu’a reçu l’Émir après avoir défendu les chrétiens à Damas et à Beyrouth… et une année après chez sa famille, il y avait ce fameux éventail, le prétexte qui a déclenché la guerre entre les deux pays, qui se trouve au musée de l’ANP.» Répondant à une question relative au choix de cette personnalité historique, Kamel Bouchama a affirmé : «L’Émir Abdelkader représente beaucoup de choses. J’ai beaucoup écrit sur ce grand monsieur et j’ai beaucoup conféré. J’ai fait énormément de papiers, des contributions dans la presse nationale. J’ai écrit cet ouvrage L’Emir et les siens, l’ultime étape au Levant, parce que c’est une période qui est méconnue des Algériens.»
L’évènement qui a vu également la participation des élèves de l’école Cipele était l’occasion de célébrer cet hymne du vivre-ensemble qui a traversé les époques pour nous inviter à rester fidèles aux valeurs portées par ces deux grandes figures de l’humanisme, une plateforme pour le dialogue interhumain, interreligieux et bien sûr international.

Sihem Oubraham

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