Projection des films la Saliha et El Waldine : Un regard sur la réalité de la lutte héroïque du peuple algérien

Ph. : Y. Cheurfi
Ph. : Y. Cheurfi

Sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts, le centre algérien du développement du cinéma a organisé, samedi dernier, la projection en avant-première du long-métrage «La Saliha» et du court-métrage «El Waldine», signés, respectivement, par les réalisateurs Mohamed Sahraoui et Maâouchi Khelaf, à la salle Ibn Zeydoun de l’Oref.

Ce long-métrage, dont le titre est révélateur, est un regard sur la réalité de la lutte héroïque du peuple algérien durant la guerre de Libération nationale contre l’occupant et un parcours d’une combattante en la personne de Zoubida Ould Kablia dite «Saliha», la martyre de Béni Chougrane. Produit par S.O.N production, le long-métrage «La Saliha» de Mohammed Sahraoui raconte l’histoire d’une femme combattante qui offre sa vie pour la libération de son pays. Cette combattante n’est en réalité que Saliha Ould Kablia, étudiante en médecine à l’université d’Alger et qui a rejoint les maquis de sa région d’origine au lendemain de la grève des étudiants de 1956, avant de tomber au champ d’honneur, les armes à la main, deux années plus tard.
La Mascaréenne, du quartier populaire de Bab-Ali, est cette jeune fille dont le parcours, aussi riche que bref, est raconté dans ce film qui est un témoignage de faits vécus et un hommage rendu avec passion et humilité au combat d’une femme, et à travers elle, au combat de toutes les femmes d’Algérie dont la légende s’est confondue avec l’histoire pour conquérir la notoriété sous le nom mythique de cette combattante dont le rôle est tenu par la comédienne Souha, gracieuse en haik et adjar. Etudiante à l’université d’Alger dans les années 1954-55 en chirurgie dentaire, Saliha milita au sein de l’Association des étudiants musulmans. Choisie pour ses capacités de détermination et de discrétion, elle participera à des réseaux clandestins de transport des bombes.
A la suite de la grève des étudiants en 1956 à laquelle appela le FLN, elle décida de rentrer à Mascara pour, ensuite, regagner le maquis dans la même région, au début du mois de janvier 1957. Sa personnalité, forgée dès le jeune âge dans une éducation religieuse et morale rigoureuse, confortée par une volonté déterminée à poursuivre des études supérieures, l’incitait à s’imposer autour d’elle, y compris dans ses rapports avec ses camarades d’études masculins, à telle enseigne que lorsqu’elle se trouva au milieu d’hommes armés, dans les difficultés quotidiennes du maquis, soumise aux privations et aux marches épuisantes à travers cols et montagnes, elle s’exigea une ligne de conduite ardue pour elle-même d’abord et pour les autres ensuite.
Dotée d’un niveau intellectuel qui la distinguait des autres, et dont elle tira profit en toutes circonstances, elle parvenait, sans difficulté, à émettre des jugements lucides et appropriés dans les moments critiques et à les faire admettre par ses compagnons, en martelant ses mots, avec une assurance tranquille. Sa mission accomplie, elle continua à se battre. Un mois avant sa mort, elle éprouva comme un sentiment prémonitoire et, déguisée en campagnarde en détresse, elle rendit une brève visite à sa famille. Sa mère lui dit : «On raconte que de nombreuses filles du maquis ont été conduites au Maroc pour être incorporées dans l’organisation politique du FLN.» Saliha lui répondit : «mère, je ne suis pas allée au maquis pour me rendre au Maroc.» Quelque temps plus tard, le chef du secteur militaire de Mascara convoqua le père Ould Kablia pour lui déclarer : «je suis au regret de vous annoncer la mort de votre fille Zoubida dite Saliha. Elle a été surprise avec son groupe, les armes à la main. Elle a refusé de se rendre et elle a tiré sur nos hommes. Ils l’ont abattue.» Sa fiche de suivi du SDRG de Mascara porte la mention suivante : «N. B./Dossier à clore. L’intéressée abattue en uniforme et les armes à la main dans la nuit du 19 au 20 septembre 1958 à 7 km au N.O. de Mascara. Maintenir suivi dossier n°3563 (autres Ould Kablia)». Voilà comment est morte Saliha, la première universitaire algérienne tombée au champ d’honneur, les armes à la main. Produit par Azenay Production, «El Waldin» de Maouchi Khelaf revient, quant à lui, sur la présence des parents dans la famille, leur rôle central dans l’éducation, malgré les tentatives incessantes de les enfermer dans les asiles.
Sihem Oubraham

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