Mois du patrimoine : Les soirées de zorna avec Boualem Titiche, ce souffleur de mélodie

 

Les soirées du Ramadhan dans les ruelles d’Alger, de Koléa et de Blida étaient pleines de couleurs avec les virées festives de la «zorna» de Boualem Titiche qui soufflait dans sa flûte en faisant une tournée remplie de joie à travers les principales ruelles de ces villes, se rappellent les anciens. Qui n’a jamais été ému par le chant de la zorna ? Souvent associée au mariage mais également à la fête de l’aïd et aux soirées du ramadhan, la zorna est incontestablement un chant qui célèbre la joie et la bonne humeur. Le mot zorna désigne un instrument à vent et à anche double. Il tire son nom du persan «zur» qui signifie fête et «ney» qui veut dire roseau. La zorna fut popularisée par les Turcs et nommée auparavant zolami. Elle existe aussi en Tunisie, en Iran, en Azerbaïdjan, en Yougoslavie et dans les Balkans où elle prend le nom de zorla. Dans tous ces pays, elle demeure identique à elle-même, soit un hautbois avec un pavillon campanule d’où sort le même son. Son embouchure est très fine et dispose d’un bec creusé dans le nacre. En Afrique du Nord, elle est plus communément appelée el ghaïta, nom dérivé de l’indo-européen gada. El ghaïta tient du hautbois par sa forme et par son timbre nasillard. C’est un instrument très prisé dans les orchestres populaires et sur les places des villages. La zorna se répand en Algérie par le biais d’une musique militaire d’origine turque, jouée en plein air dans les villes de garnison comme Alger, Koléa, Blida ou Béjaïa. Elle a peu à peu évolué vers le registre religieux avant de se mêler au chaabi, la chanson populaire. Ce syncrétisme musical fait de la zorna un instrument mais également un style musical dont Boualem Titiche est l’une des icônes en Algérie.
Farida Larbi

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