Mois du patrimoine à Sétif : L’autre berceau de l’humanité

A Sétif, le coup d’envoi du mois du patrimoine a été donné ce dimanche par le wali Kamel Abla, qui s’est rendu au musée public national afin de s’enquérir des riches potentialités de cette wilaya dans le domaine archéologique, témoin du déferlement de civilisations qui se sont succédé dans cette région, et visiter une imposante exposition dédiée à cet événement, célébré chaque année du 18 avril au 18 mai. Placé cette année sous le thème : «patrimoine culturel, de la préservation du passé à une alternative économique», cet événement, qui s’intègre de plain-pied dans les mutations que connait le secteur de la culture, se propose tout à la fois de renouer le lien entre la citoyenneté et la culture dans un contexte destiné à préserver et valoriser les richesses que compte notre pays, et par déclinaison, la wilaya de Sétif qui se veut être un autre berceau de l’humanité.
Les fouilles, dont le coup d’envoi a été donné en 1990 par des chercheurs algériens et étrangers, sous la coupe de l’éminent professeur Mohamed Sahnouni, ont permis, en effet, de découvrir à Ain Boucherit, sur le site de Ain Lahnech (daïra d’El Eulma), le second site, le plus vieux au monde daté de 2,4 millions d’année, après celui de Kouna, en Ethiopie, qui remonte à 2,6 millions d’années.
Ces découvertes, le fruit du travail d’une équipe pluridisciplinaire de plusieurs chercheurs du centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (Algérie), du centro national des investigations sorte la évolucion humana et evolucion social (Espagne), des universités d’Alger 2 et Sétif 2 et du musée d’histoire naturelle (France), sont autant de références qui bouleversent l’histoire de l’humanité et confèrent de nouvelles perspectives à la recherche au moment notamment où ce site n’a pas encore livré tous ses secrets. Dans ce contexte, il est utile de rappeler la thématique choisie pour ce mois du patrimoine et toutes les opportunités qu’offrent ces découvertes qui ont bouleversé le monde pour aller dans le sens de la valorisation de ce patrimoine et faire que de tels lieux, qui relèvent d’une référence historique de l’humanité, deviennent des lieux de «pèlerinage». Des ambitions d’autant plus réalisables avec une conservation in situs et la mise en place à El Eulma d’un centre de recherches et d’interprétations comme il en avait fait état au lendemain de ces découvertes.
Toutes ces richesses qui visent à activer le rapprochement entre l’économie et la culture pourraient s’inscrire dans des programmes de visites qui incluraient le site de Cuicul la romaine, les ruines de Mons, Ikdjen sur les hauteurs de Beni Azziz, la muraille Byzantine à Sétif, le musée public national, qui renferme des trésors en la matière, et bien d’autres monuments et sites qui sont des atouts majeurs pour le tourisme culturel.
Le programme mis en œuvre par la direction de la culture et tous les établissements sous tutelle prévoit cette année de nombreuses activités pour marquer l’événement. Des ateliers de dessin et d’arts plastiques avec la participation des étudiants de l’école des beaux-arts, des expositions et des visites guidées au musée public national et au niveau de l’antenne de l’office national de l’exploitation et de gestion des biens culturels protégés, des conférences scientifiques à la maison de la culture Houari-Boumediene traitant de ces richesses et de l’impact qu’elles peuvent produire sur les plans culturel et économique sont retenus. Des espaces sont également réservés aux services des douanes et de la sûreté nationale pour état des missions dont ils sont investis dans la protection des biens culturels. Le wali, accompagné des responsables du secteur de la culture et des autorités locales, a appelé à une campagne de sensibilisation des citoyens à l’effet de protéger tous ces biens et aviser les services compétents à chaque découverte. Les enfants ne seront pas en marge de cette dynamique et pourront retrouver leurs ateliers de dessin et tous les ateliers pédagogiques. La valise archéologique se déplacera sur des lieux archéologiques et jardins publics pour aller au contact des citoyens.
F. Zoghbi

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