le costume traditionnel et son utilisation dans le théâtre : Un reflet du vécu quotidien

Les participants au séminaire sur le costume traditionnel algérien et son utilisation dans le théâtre, organisé à Tlemcen, ont appelé, au terme de deux jours de travaux, les universitaires à se pencher sur cette thématique importante.

Les conférenciers présents à cette rencontre ont appelé les chercheurs académiciens, les doctorants spécialisés en anthropologie culturelle et en arts dramatiques à effectuer des recherches à même de constituer une base de données scientifiques bien détaillées sur le costume traditionnel algérien et son utilisation dans les œuvres artistiques, qu’elles soient théâtrales ou cinématographiques. Des chercheurs ayant relevé, dans leurs interventions, la nécessité impérieuse de développer l’aspect académique, ont recommandé la création, au sein des universités algériennes, d’équipes de recherche qui s’attelleront à étudier le costume traditionnel, ses fonctions, ses symboles et significations et ses différentes utilisations afin d’instaurer une assise scientifique au patrimoine vestimentaire algérien. Ils ont, à ce titre, invité toutes les associations culturelles, les coopératives théâtrales et les metteurs en scène à collaborer et à travailler étroitement avec les académiciens pour une meilleure utilisation du costume dans leurs œuvres, dans l’optique de préserver ce legs patrimonial et améliorer ses utilisations dans le plus grand respect des traditions culturelles de toutes les régions du pays et de l’identité du peuple algérien. Les travaux de la deuxième et dernière journée de ce séminaire, premier du genre organisé par le Centre national d’interprétation du costume traditionnel algérien à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale du théâtre, se sont penchés sur les aspects esthétiques du costume algérien et les symboliques qu’il met en valeur. Le Dr Kerkoua Driss et le Dr Hamdani Kaddour de l’université de Sidi Bel-Abbès ont abordé l’importance des habits traditionnels dans les festivités du théâtre traditionnel «Halqa» et les différentes techniques utilisées par les animateurs dans ce cas de figure. L’anthropologue Litim Zakia du Centre national de recherche préhistorique, anthropologique et historique (CNRPAH), et Abdelkader Rouahi de l’université d’Adrar ont abondé dans le même sens, soulignant l’importance d’étudier tous les aspects du costume traditionnel et la place primordiale qu’il doit occuper dans le théâtre comme art populaire reflétant le vécu quotidien de la population et ses diverses mutations au fil du temps.

L’ambassade des États-Unis parraine une conférence régionale des antiquités pour préserver les manuscrits du Maghreb.

Dans le cadre d’un projet parrainé par l’ambassade des Etats-Unis à Alger, l’organisation Coalition des Antiquités a organisé une conférence virtuelle de trois jours en collaboration avec le ministère algérien de la Culture et des Arts sur le thème de la numérisation et de la préservation de la culture dans la région du Maghreb. Au cours de trois sessions d’une heure chacune, ce forum a réuni des responsables nationaux, des bibliothécaires et des experts du patrimoine pour une discussion sur les défis et opportunités auxquels sont confrontés les pays du Maghreb dans le processus de numérisation de leurs biens culturels irremplaçables. Des participants d’Algérie, de Libye, de Mauritanie, du Maroc et de Tunisie ont pris part à l’évènement. A la suite de la conférence, il a été décidé le lancement immédiat d’un nouveau programme de formation au profit de tous les arabophones intéressés. La Coalition des Antiquités et son partenaire, la Fondation égyptienne de sauvetage du patrimoine (EHRF), dispenseront une formation sur la conservation, la stabilisation, l’inventaire et la numérisation des manuscrits. Le directeur de l’EHRF, Abdelhamid Salah, animera le webinaire gratuit en ligne. La session se tiendra le 10 avril et est ouverte aux experts, bibliothécaires et membres du public intéressés qui travaillent dans le domaine de la préservation du patrimoine culturel dans la région du Maghreb. Dans une allocution à l’ouverture de la conférence, la ministre algérienne de la Culture et des arts, Malika Bendouda, a salué les efforts des participants des pays voisins, notamment la Tunisie, le Maroc, la Libye et la Mauritanie, affirmant que «cet événement virtuel est très important à bien des égards. Il a réuni des experts de toute la région pour débattre du sujet contemporain de la numérisation de certains des objets les plus anciens et les plus vénérés du monde, le patrimoine culturel détenu par l’Algérie et nos voisins. Et avec la formation de suivi, nous faisons quelque chose à ce sujet grâce à la coopération régionale et au renforcement des capacités». La première session, animée par Adam Sigelman de l’ambassade des États-Unis à Alger, s’est concentrée sur le développement d’une conception de la façon dont chaque pays aborde la numérisation du patrimoine culturel au niveau national. Protéger et numériser les manuscrits rares détenus par des particuliers étant un défi commun à tous les pays du Maghreb, cette thématique était au cœur de la deuxième session qui était ouverte au public et a attiré plus de 100 participants. Grâce à la discussion et à un sondage auprès du public, les trois principaux défis identifiés étaient les compétences techniques, la gestion des données et les défis financiers. Les dernières sessions étaient consacrées à collecter les leçons apprises des deux premières sessions. Le groupe d’experts, dirigé par le co-fondateur de la Coalition des Antiquités et directeur de projet Peter Herdrich, a présenté une discussion axée sur la collaboration régionale et le renforcement des capacités pour relever les défis communs à tous les pays. Après avoir discuté de l’importance de la collaboration régionale et du renforcement des capacités, Herdrich a annoncé la prochaine formation virtuelle, soulignant que les participants devraient se sentir libres de partager et d’inviter des experts, des praticiens et d’autres personnes qui travaillent à la préservation du patrimoine culturel du Maghreb.

Le 4e art à l’avant-garde d’un retour progressif à la normale

La reprise progressive de l'activité culturelle, après une année de gel due à la pandémie de Covid-19, a été marquée durant le mois de mars par un retour intense du 4e Art avec la programmation de plusieurs manifestations, qui ont permis au public de retrouver le chemin des salles de spectacle, soumises à l'impératif de fonctionner à 50% de leurs capacités d'accueil. Se déroulant dans des conditions particulières imposées par la situation sanitaire que traverse le monde, plusieurs spectacles accueillis sur les planches de différents théâtres dans le cadre de manifestations s'étalant dans la durée ou d'une programmation ponctuelle, se sont conformés aux directives issues des diverses réunions tenues  avec les autorités sanitaire. D'abord, le Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA) qui a accueilli du 11 au 21 mars le 14e Festival national du théâtre professionnel (FNTP), a vu se succéder sur ses planches et sur celles du théâtre d'Alger-Centre une vingtaine de spectacles produits par une dizaine de théâtres régionaux et autant d'associations et coopératives. Parallèlement aux représentations, les organisateurs ont programmé des conférences, des hommages et des ateliers de formation dans une édition qui aura drainé une foule nombreuse d'amateurs du 4e Art, astreinte au strict respect des mesures sanitaires. Dans le même élan, la 9e édition du printemps théâtral de Constantine, ouverte le 27 mars au Théâtre régional Mohamed-Tahar-Fergani après une longue interruption, est venue relayer le 14e FNTP, en présence d'un public venu en nombre assister, jusqu'au 3 avril, à une dizaine de spectacles issus de différents théâtres régionaux. Dédiée au regretté Salim Merabia (1941-2005), ancien directeur du T.R.Constantine, la 9e édition du printemps théâtral de Constantine a programmé, en marge des représentations théâtrales, des conférences, ainsi que des spectacles de rue, prévus à proximité du TRC, un organisme culturel qui avait déjà renoué avec l'activité artistique en organisant plusieurs ateliers de formation, visibles au fur et à mesure de leur déroulement sur la toile, au profit des amateurs du 4e Art. Autre manifestation théâtrale d'envergure à ouvrir ses portes au public, les Deuxièmes Journées nationales du théâtre engagé, tenues du 27 au 30 mars à El Bayadh, en présence de plus de 90 participants issus de 30 wilayas. Accueillie à la maison de la culture Mohamed-Belkheir et la salle de conférences Ahmed-Horri, ces deuxièmes journées ont vu la présentation, devant une assistance nombreuse, de sept spectacles, ainsi que la programmation de plusieurs conférences et ateliers de formation dédiés au théâtre et au cinéma dans les domaines de  l’information et la communication, l'interprétation, la chorégraphie, la mise en scène, le tournage cinématographique et les prestations de clowns. Par ailleurs et depuis l'annonce par les pouvoirs publics d'un retour progressif à la normale, plusieurs pièces de théâtre ont été présentées dans des programmations ponctuelles, au TNA et à différents théâtres régionaux, permettant ainsi aux amateurs du 4e Art, restés loin des salles de spectacles durant près d'un an, de reprendre le chemin des théâtres et de renouer avec les spectacles. Le jeune public a, lui aussi, renoué avec les salles de spectacles à la faveur de la reprise de la programmation de pièces de théâtre pour enfants par différents établissements culturels.

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