Le Billet : Rubis sur l’ongle

A l’heure où la Covid-19 occupe les esprits et alimente les débats, la culture tente vaille que vaille de se ménager une place.
Dar Soltane, ce monument chargé d’histoire, lieu emblématique de la Casbah d’Alger, maintient ses murs encore en place, traverse le temps avec son charme suranné mais tellement attirant.
A croire certains visiteurs, sa nouvelle peau ne manque pas de classe ni d’élégance, grâce au talent, à la verve et au métier des restaurateurs.
Après une si longue absence, le lieu est enfin ouvert au public. Ce dernier peut se permettre une plongée revigorante dans le passé, reprendre langue avec «Djazair El Mahroussa», cité méditerranéenne par excellence.
C’est une bouffée d’oxygène salutaire pour les amateurs d’histoire, les férus de la vieille médina et autres amoureux d’Alger.
Seule ombre au tableau : les prix pratiqués sont hors de portée pour la plupart des citoyens. Jugez-en : 200 DA pour une simple visite et 500 DA pour une visite guidée. Et encore, on n’a pas accès à toute la citadelle. Il faut se contenter uniquement de la partie réhabilitée.
Payer rubis sur l’ongle le droit de visite en déboursant une telle somme est tout de même excessif. A moins d’être contredit.
Ce faisant, on ne risque pas de voir les gens se bousculer au portillon.
Question de cohérence : si l’on déplore, à tort ou à raison, le fait que les citoyens en général ne sont pas tellement portés sur la chose culturelle, pourquoi appliquer des prix aussi dissuasifs ? Mystère.
Mohamed B.

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