Dialogue des cultures musicales : Impacts et effets de la musique sur le cerveau humain

«Dialogue des cultures musicales : mythe ou réalité», tel est le thème de la rencontre organisée, jeudi dernier à Dar Abdelatif, par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC). Une occasion de mettre en valeur les outils des dialogues des cultures musicales, tout en préservant l’authenticité de chaque genre.

Animée par le Dr. Mouloud Ounnoughene, l’objectif de cette rencontre, qui a vu la participation de plusieurs chercheurs et universitaire, est de revenir sur l’importance d’ouvrir tous les canaux de communications afin de mieux faire connaître la culture musicale et se faire comprendre. Le conférencier a mis en exergue l’aspect mythique et réel du dialogue des cultures musicales. Cette rencontre fort intéressante a ainsi tourné autour du parcours de l’auteur et de son travail axé sur l'art et la science, avec comme point d’orgue «le dialogue des cultures musicales». Des recherches sur l’influence de la musique sur le comportement humain ont, en outre, été exposées à cette occasion afin d’ouvrir le débat à des questions et des propositions dans ce contexte. Passionné par les impacts et les effets de la musique sur le cerveau humain, Mouloud Ounnoughène est docteur en médecine et spécialiste en neurochirurgie. Pianiste, compositeur et ancien animateur de l’atelier solfège-piano de la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, il a aussi été producteur et animateur d'une émission radiophonique sur les musiques du monde intitulée «Mohamed Iguerbouchène, une œuvre intemporelle». Cette rencontre a été ponctuée par la mise en avant de la musique comme langage. Il est apparu que l’on devrait reconnaître à la musique son pouvoir d’expression dans un langage particulier. Il s’agit, dira le Dr. Mouloud Ounnoughène, «de la communication entre les cultures, d’interroger ce langage à partir des opportunités qu’il offre de découvrir les pistes d’harmonisation de dialogue». Les présentations ont porté respectivement sur les langues véhiculaires musicales, l’harmonisation des différences et les systèmes socioculturels. La question des musiques globalisées et du vide culturel qu’elles pourraient provoquer a été également débattue. Soulignant l’importance de promouvoir les échanges accompagnés de séances d’explication sur le contexte dans lequel la musique est produite, tout en essayant d’esseuler les dénominateurs communs entre les traditions musicales et la nécessité de décanter les systèmes socioculturels pour la bonne compréhension de la musique par les autres cultures. «La musique est bien un facteur de promotion du dialogue interculturel. Elle permet aux hommes de se rapprocher dans les situations de conflit ou de post-conflit et peut également jouer un rôle thérapeutique», a-t-il indiqué. La musique est également un facteur identitaire et peut permettre de promouvoir la lutte contre le racisme et la tolérance. Le dialogue interculturel par la musique doit être promu par des rencontres, non seulement au niveau international, mais également régional, national, voire local, a-t-il expliqué. Ounnoughene précise que «certaines œuvres musicales orientalistes paraissent édulcorées et déconnectées de la réalité alors que d’autres exhalent des relents de vie orientale qu’il est utile de déconstruire pour tenter d’observer dans quelle mesure le syncrétisme des différentes cultures musicales s’est opéré. Mouloud Ounnoughene rappelle, dans ce contexte, que les «noubas, maqamate, thèmes berbères ou mélodies folkloriques ont été utilisés dans différentes œuvres de compositeurs de musique classique, tels Camille Saint-Saëns, Félicien David, Nikolaï Rimski-Korsakov, Béla Bartók, Armas Launis, Gustave Holst». Il indique, dans cette optique, que le compositeur ignore souvent ce qui est en amont de la mélodie, recueillie du site ethnographique : «les apports du siècle, les influences, le reflet de la vie sociale, les flux et reflux de la vie intérieure et la domination coloniale sont autant d'éléments qui peuvent représenter un filtre qui altérerait l'altérité de l’œuvre.»

Sihem Oubraham

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