Concert de Mohamed Lamraoui : La relève assurée

Organisé par l’AARC, l’Onda et la Coordination syndicale des musiciens de la wilaya d’Alger, un concert de chants chaâbi avec l'artiste Mohamed Lamraoui a été donné, dans la soirée de jeudi, à Dar Abdelatif (Alger). Grâce à sa belle voix exceptionnelle, Mohamed Lamraoui, le rossignol du New Chaabi,  a égayé l'assistance avec un bon bouquet musical qui n'est que le résultat de son parcours artistique avec ses sorties honorables.  Il est devenu un chanteur exemplaire en Algérie grâce à sa voix exceptionnelle et à la bonne sélection des paroles et musiques de ses chansons. Il a, à l’instar du défunt Kamel Messaoudi, plusieurs chansons dans son répertoire qui reflètent l’image vivante de la culture et des coutumes de leur pays. Il s’est produit en Algérie et dans plusieurs pays. C'est un artiste exceptionnel de la chanson populaire sentimentale reconnu mondialement par la nouvelle génération après les grands chanteurs chaabi tels les défunts maîtres Boudjemaa el Ankis et Amar Zahi. Mohamed Lamraoui est né en 1963 à Dellys. A l’âge de 8 ans, il s’engage dans la chorale de la maison des jeunes. Deux ans plus tard, il commence à s’initier à la guitare à l’aide d’un instrument de sa propre fabrication. En 1979, après avoir quitté les bancs de l’école en 4e année moyenne, il intègre un groupe qui jouait un métissage de châabi-hawzi et andalou. Il fait sa première apparition à l`écran de la télévision dans l`émission Alhan oua chabab en 1979 en interprétant la chanson de Salim El hillali «Essbart ou mazal nssbar». En 1985, il reçoit le premier prix de la chanson châabi au festival national des arts populaires avec la chanson «Ya bnats el bahdja» du poète Ahmes Ben Triki. Musicien polyvalent, il manie presque tous les instruments. Il a commencé avec le mondole son instrument préféré et la guitare sèche. En 1989, il enregistre sa première cassette composée de six titres dont il est l’auteur-compositeur.
En 1991, il s’illustre avec l’édition de son deuxième album. En 1992, il représente l’Algérie au festival mondial contre le racisme à Berlin. Il reprend le chemin de l’enregistrement en 1997 avec des duos inoubliables, en collaboration avec son ami le défunt Kamel Messaoudi avec «Khaliha taamel ma bghat». En 1999, il édite son quatrième album en hommage à son jumeau artistique que fut le regretté Kamel Messaoudi. D’ailleurs, on ne dira jamais assez la douleur qu’il a ressentie à la mort de Kamel, comme il le traduit dans sa chanson «Lafrak». En 1998, il enregistre son troisième album composé de 6 chansons. Deux ans plus tard, Lamraoui édite son cinquième album «Sabrina». Il enregistre la première chanson en kabyle de sa composition musicale et sur des paroles de son ami Hacene Ahres et reprend deux chansons de deux grands maîtres «El meknine ezine» de Mohamed El Badji et «Ya Zahia» de Chikh El Hasnaoui ainsi que 5 nouvelles chansons.
Des cheveux grisonnants, un regard de playboy et une très belle voix profonde, franche, émotive, limpide et fraîche, l’homme à la guitare blanche se dirige tout droit vers une carrière prometteuse.
Sa voix forte de tendresse et violente de sincérité atténue les vers avec une touche romantique sublime, univoque dans ses interpellations, Lamraoui y met toute sa verve.
Très demandées par le public, ses chansons passent régulièrement sur les ondes de toutes les chaînes et sur le grand écran. Ses admirateurs ne cessent de pousser comme des champignons.

Kafia Aït Allouache

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